Pour une fois, la Fédération algérienne de football (FAF), présidée par Khireddine Zetchi, a décidé d’offrir une approche structurée pour ce qui est de la détection des jeunes talents à l’étranger. Ainsi une « Task Force » (oui, on croit qu’ils en ont trop fait avec cette appellation), a été mise en place par la direction technique nationale (DTN). Elle est composée du trio Idir Karim, Kada-Hounet Foued et Brahimi Lyes (tiens tiens).

Le but de la démarche est affiché d’emblée. « La Fédération algérienne de football (FAF) a décidé de s’appuyer sur une Task Force dédiée au déploiement de sa politique de détection des jeunes footballeurs binationaux à l’étranger. L’objectif de ce dispositif, initié il y a quelques mois, est de mettre en place une démarche structurante en s’appuyant sur les ressources locales, à travers une veille permanente et organisée », pouvait-on lire dans un article publié sur le site e l’instance fédérale où il est indiqué que « la première opération concerne les joueurs U16, avec comme étape initiale la préparation du tournoi de Montaigu qui se déroulera en France du 06 au 13 avril prochain. »

S’y prendre au préalable
Comme un premier couac, cette épreuve pourrait être annulée à cause de l’épidémie du coronavirus en France. Pas le baptême souhaité mais cette organisation, que chapeaute le manager Idir Karim, devra faire face à nombreuses difficultés dans un environnement de football très complexe. Le relationnel et l’image restent deux facteurs déterminants. C’est pour cela que « maximiser et maintenir dans la durée l’image positive de la FAF et des sélections algériennes en dehors de l’Algérie et en particulier à destination de la diaspora » est l’une des tâches primordiales du trio où l’on retrouve Lyes, frère de Yacine Brahimi.
Le repérage est important pour tenter d’enrôler des footballeurs dès le jeune âge. Ainsi, la FAF évitera de se retrouver à attendre les décisions d’un tel ou un tel de venir chez les «Fennecs» parce que les chances de jouer pour une autre sélection.
Les exemples récents sont là. On citera le cas Aouar qui a le potentiel pour être appelé chez les « Bleus ». Approcher un footballeur de talent préalablement et lui proposer le statut international dans les catégories jeunes augmenterait, peut-être, plus les chances de l’« Algérianiser » sportivement et l’assurer pour en faire une relève chez les A.

Quelles motivations ?
Toutefois, il y a des problèmes de persuasion qui se posent. A commencer par les défis sportifs. C’est un secret de polichinelle, les jeunes catégorie d’« El-Khadra » ne sont pas réputées pour être des valeurs sûres que ce soit en Afrique ou sur le plan universel. Ce n’est pas souvent que nos U17, U18, U19, U20 et U21 disputent des tournois de renoms et les gagnent. Illustration avec la récente sortie de nos U20 en Coupe arabe de la catégorie en Arabie saoudite avec une élimination dès les quarts de finale. Et puis, désormais, on ne peut pas vraiment proposer une place dans la sélection premium comme ce fut le cas pour Bennacer. Ce dernier a été convaincu d’opter pour les « Vert » quand Mohamed Raouraoua, président de la FAF à l’époque, lui avait garanti une place en seniors d’Algérie alors qu’il n’était que réserviste à Arsenal (Angleterre). Par ailleurs, il faudra réguler les arrivées des binationaux. Mettre des critères d’excellences pour éviter que les agents malintentionnés placent leurs joueurs en sélections cherchant à soigner leur cote. C’est l’autre menace qui plane sur cette démarche qu’il faudra ficeler et contrôler de manière permanente.<