Le rendez-vous du 18 avril met manifestement les partis de la mouvance islamiste à rude épreuve. Cela peut se vérifier par la multitude de candidatures à la candidature de chefs de partis appartenant à ce courant politique. Deux se sont déjà lancés dans la bataille pour la présidentielle. Il s’agit du président du MSP, Abderezzak Makri, et du chef d’El Binna, Abdelkader Bengrina. C’est probablement suffisant pour conclure à un courant éclaté, qui peine à présenter une candidature en dépit de la multiplication des rencontres et autres initiatives de fusion et d’unification des rangs, particulièrement à l’approche d’échéances électorales.
A l’évidence, dans le courant islamiste il y a à l’heure actuelle, plusieurs postures, entre ceux qui ont opté pour une autre candidature que la leur, ceux qui ont présenté leur candidat et ceux qui hésitent encore à trancher. Dans la première catégorie, on peut trouver le chef d’El Islah, Filali Ghouini, qui a opté pour un soutien à la candidature – pas encore annoncée- du chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika. Le parti, d’obédience islamiste, n’a pas caché sa préférence pour le président en exercice au nom de la continuité.
D’autre part, l’on sait que Makri et Bengrina font partie des candidats à la candidature au nom de leurs formations respectives. Et si la candidature du second cité est plutôt proche de la figuration, ce n’est pas le cas pour le premier. La candidature de Makri émerge du lot vu la place qu’occupe le MSP, non
seulement parmi les islamistes, mais aussi sur l’échiquier politique national dans son ensemble.
Il est certain que la candidature de Makri constituera l’une des attractions du scrutin présidentiel du 18 avril prochain, en ce sens qu’il fait office de leader politique qui a marqué le débat politique notamment ces derniers mois avec des initiatives et
déclarations en lien direct avec le prochain scrutin présidentiel.
Bien que son parti donne de bons signes en perspective de sa participation à ce rendez-vous, il est reste néanmoins établi que la candidature de Makri aurait bien pu fédérer plus au sein de la mouvance islamiste, particulièrement depuis que le MSP tente de tenir un discours d’une formation de l’opposition depuis la succession opérée à la tête du parti.
Cette succession a vu, en effet, l’ancien député de M’sila prendre les rênes du parti à la place de Bouguerra Soltani, avec une ligne politique différente au parti.
Et la candidature de Makri portera visiblement le sceau de cette ligne politique, appelée à ratisser large à l’occasion de cette élection présidentielle. C’est la seconde participation du chef du MSP après celle du défunt Mahfoud Nahnah lors du scrutin de 1995.
Mais, il semblerait, au rythme de cette période de précampagne, que la candidature de Makri ne suscite pas des adhésions au sein des autres formations politiques du courant islamiste. Bataille de leadership ? Divergences programmatiques ? Difficile d’y répondre avant la distribution totale des cartes et des rôles. L’on sait cependant que le parti du Front pour la justice et le développement (FJD) d’Abdallah Djaballah hésite encore à trancher pour qui apporter son soutien maintenant qu’il a décidé de ne pas présenter de candidat.
Pour l’heure, le parti dit étudier toutes les éventualités. Qui des trois candidats, Makri, Benflis, Ghediri, va-t-il soutenir ? Les prochaines semaines apporteront certainement une réponse à cette interrogation. C’est dire combien la candidature de Makri peine à convaincre même au sein des partis islamistes.
Et cette difficulté à fédérer autour de lui risque même de s’exprimer à l’intérieur même du MSP, si l’on se fie aux propos tenus récemment par Bouguerra Soltani sur un plateau de télévision où il n’insinue pas moins que son probable ralliement à une autre candidature que celle du chef du MSP…