La JS Kabylie a livré une saison 2020-2021 plutôt aboutie. En plus d’avoir remporté la Coupe de la Ligue, le club a disputé la finale de la Coupe de la Confédération CAF et terminé à une très encourageante 5e place de Ligue 1. Le tout, avec un effectif «moyen» sur le papier et une masse salariale parmi les plus basses de l’élite DZ. Toutefois, la gestion du président Chérif Mellal présente de nombreuses anomalies. Les actionnaires de la SSPA/JSK, qu’il préside, lui ont même demandé de partir.
La dernière décision rendue par la justice n’est pas faite pour le conforter au poste.

Par Mohamed Touileb
Déjà, en janvier dernier, la contestation était forte et il a été prié de partir. Malgré cela, Mellal a résisté et a poursuivi sa «mission» aux commandes du directoire des «Canaris» et un Conseil d’administration qui détient que 2.8% des actions. En considérant ces chiffres, le CA qu’il préside n’est pas conforme au code du commerce, dont l’article 618 stipule que le CA doit détenir un minimum de 20 % des actions du club.

Yarichène aux commandes
Pour plus de précision sur cette situation administrative ubuesque, Azeddine Mellal (qui n’a aucun lien avec Chérif), un des premiers actionnaires des «Lions du Djurdjura» depuis l’ère du regretté Mohand-Chérif Hannachi, avait même annoncé que «le CA sera dissous car il ne détient que 3 % des parts d’actions, Mellal n’est donc président de rien du tout.»
Quelques mois après cette première tentative pour l’évincer du board administratif, Mellal se retrouve dans le même cas de figure. Sauf que le parcours du team kabyle dans les différentes épreuves lui confère une sorte de bouclier. Dans la rue, il a des partisans et du soutien. C’est aussi le cas pour le «clan d’Alger» (c’est comme ça que Mellal le qualifie) que «pilote» Yazid Yarichène, l’un des actionnaires majoritaire de la Société sportive.
Il y a 9 mois, l’homme d’affaires s’était même dis disposé à lui remettre «un chèque à blanc mais à une condition, qu’il nous montre son bilan. Il parle de l’argent de X et Y, qu’il justifie ce qu’il a déboursé et je suis prêt à le rembourser. Je le défie devant tous les supporters de la Kabylie. Qu’il aille au bout de ce qu’il dit.» Avec le surendettement, et des mois de salaires impayés dans l’ardoise, il faut dire que la gouvernance de Mellal n’était pas franchement exemplaire sur le plan administratif.

Le boulet Henri Stambouli
Toutefois, la donne n’est pas la même pour cette fois. Mellal devra remettre aux autres actionnaires le Registre de commerce de la SSPA/JSK. En effet, le tribunal administratif de Tizi-Ouzou a délivré une ordonnance les autorisant de récupérer le document en question. Une fois le registre en possession des actionnaires, et conformément aux décisions de l’assemblée générale extraordinaire tenue en mars 2021, Yazid Yarichène sera le nouveau boss du CA.
Par ailleurs, la nouvelle équipe dirigeante risque de faire face à un sérieux problème concernant le contrat d’Henri Stambouli, désigné nouvel entraîneur par Mellal pour 3 ans. Cette collaboration poserait problème dans la mesure où le nouveau CA ne compte pas le technicien français dans ses plans. Si le contrat est valide sur le plan réglementaire, il faudra assumer les conséquences et le dédommagement.