Par Milina Kouaci
Les enseignants chargés de la correction des copies d’examen des candidats ayant concouru aux épreuves du BEM session 2021 ont terminé la deuxième phase de cette opération. Elle sera clôturée demain mardi au niveau des 70 centres de correction, indique Boualam Amoura, secrétaire général du Satef.
De l’évaluation des deux phases de correction, le secrétaire général du Satef, qui cite des enseignants correcteurs, fait état de «faibles résultats» en mathématiques et en langue française.
Selon les enseignants correcteurs, les élèves ont obtenu de bonnes notes dans les matières littéraires, à l’image de la langue arabe, des sciences islamiques, de l’éducation civique et de l’histoire-géographie. Mais ce n’est pas le cas en français et en maths, où les notes étaient en dessous de la moyenne. «Quatre à 5 élèves sur 20 ont obtenu la moyenne en mathématiques», dit M. Amoura. Il en est de même pour la langue française, dont les notes «ne sont pas satisfaisantes». «Les élèves ont cartonné dans les matières de mémorisation et de restitution. Mais pour ce qui est des matières de réflexion scientifique et de logique, ils ont obtenu de mauvaises notes», indique notre interlocuteur.
«C’est le ‘’parcoeurisme’’ qui prédomine dans l’Ecole algérienne au détriment des matières qui apprennent la logique et le raisonnement», poursuit le secrétaire général du Satef. Il renvoie les «faibles notes» obtenues en maths au programme, à la qualité et aux méthodes d’enseignement, faute de spécialisation dans l’enseignement primaire. «Il n’y a aucune suite logique dans la conception des programmes, sans compter que des enseignants apprennent aux élèves à mémoriser et non à raisonner, en faisant des maths une matière de récitation, alors qu’il ne peut y avoir de maths sans logique», souligne encore M. Amoura.
Plus explicite, il indique que lors des épreuves de 5e AP, il a été demandé aux élèves dans l’épreuve des maths de calculer le demi-périmètre, mais les élèves n’ont pas pu répondre à la question parce qu’ils ont appris en classe à calculer le périmètre. «Les élèves ont dit qu’ils n’ont pas eu cours sur la façon de calculer le demi du périmètre, alors qu’il suffit de déduire et de réfléchir pour le calculer», regrette M. Amoura, qui fait un constat alarmant de la situation du système éducatif en Algérie. D’où la nécessité, pour lui, de «refonder radicalement» le système éducatif dans le pays.
«La refonte du système éducatif s’impose pour améliorer le niveau de l’Ecole algérienne qui est en baisse», alerte le secrétaire général du Satef, estimant «nécessaire» de promouvoir l’enseignement des filières mathématiques et maths techniques et augmenter le taux d’accès à ces filières, estimé actuellement à «3%». Il a également appelé à augmenter le coefficient des sciences naturelles au collège et son volume horaire, «les élèves n’ont que 2 heures par semaine avec un coefficient 3». Il regrette «l’absence de courage et de volonté politique chez les décideurs afin d’aller vers une école publique de qualité».
Il convient de rappeler que les épreuves du Brevet de l’enseignement moyen ont été organisées du 15 au 17 juin dernier. La correction des copies d’examen a débuté le 22 juin et s’étalera jusqu’au 3 juillet 2021. Quant aux résultats, ils seront proclamés le 5 juillet.