La deuxième marche du mouvement populaire du samedi n’a pas eu lieu dans les conditions souhaitées. En effet, une gestion musclée, à la limite du répressif, a ciblé plusieurs marcheurs à Alger. Conçue comme une continuité des actions du mouvement populaire, mais aussi une manière de marquer la Journée internationale de la femme, les forces anti-émeutes ont tenté de faire avorter la marche du samedi. Tout a commencé en haut de la rue Victor Hugo lorsque la police a tenté d’empêcher plusieurs dizaines de manifestants de vouloir marcher vers la Grande poste. Plusieurs arrestations, dont celles de journalistes, ont été opérées parmi les protestataires, sans pour autant les dissuader. «Pacifique. Vive la liberté», ont répliqué les marcheurs. Face à l’usage de la force, les citoyens présents à la rue Didouche n’ont pas déserté les lieux et ont continué à manifester et à dénoncer l’agressivité du dispositif de sécurité, provoquant chez eux un élan de solidarité et un regain de mobilisation.
Les tentatives de confiner les marcheurs à hauteur de la rue Didouche se sont avérées vaines. Des renforts de policiers sont arrivés, faisant face au bloc des marcheurs venus au secours des manifestants bastonnés. Au fur et à mesure que grossissaient les rangs des manifestants, les arrestations, elles, se multipliaient ciblant les plus téméraires parmi les manifestants et usant de la force pour les extraire de la foule. «Etat civil et non militaire», «A bas la répression» ont été scandés. Dans la cohue qui s’en est suivie, on a alors assisté à une chasse à l’homme dans les ruelles adjacentes. Au bilan, plusieurs blessés légers parmi les manifestants, dont des femmes prises à partie à la Place Audin. Après plus de trois heures de confrontation, le calme est revenu sur une impression générale : le samedi 7 mars a été une journée plus violente que les précédentes.