Tout le monde s’accorde à dire que les nouvelles technologies sont un atout de taille qui permet d’abréger les distances, de tisser des liens et de tirer profit de leurs bienfaits. Or, cet atout a son côté immergé de l’iceberg qui consiste à tuer toute faculté d’innovation chez nos enfants, pis, à développer l’agressivité chez eux.

Et quand un « simple jeu » virtuel en arrive au suicide, le sujet mérite débat et réflexion. D’où la rencontre organisée, mardi dernier, au lycée Frères-Rebbah à Ras El Oued, à l’initiative de l’association caritative Essalem. Face à un amphi plein à craquer de potaches, les intervenants ont tenté de décrypter l’origine du phénomène de la « Baleine bleue » qui a défrayé la chronique ces derniers temps, tout en essayant de s’accorder sur les meilleurs moyens d’y remédier. « Parents d’élèves, enseignants, corps de sécurité, nous sommes tous responsables devant ce fléau qui est en passe de pollerer les crânes de nos enfants. Ici, à Ras El Oued, nous avons déjà recensé quelques cas de collégiens, tentés par ce jeu de mauvais goût, en marquant leurs bras par des tatouages et des dessins. Et ce, sans que leurs parents ne s’en aperçoivent», déplore-t-on. Un autre intervenant enchaîne pour fustiger les réseaux sociaux qui ont largement contribué à la dislocation des familles et à la disparition de la chaleur familiale. « Les victimes sont majoritairement à la croisée des chemins, entre l’enfance et l’adolescence. Donc, une proie facile pour tout ce qu’on leur balance sur les réseaux sociaux. Et c’est là où réside le rôle des parents. Mais des parents, parfois, démissionnaires, malheureusement» regrette F. Boudiaf, psychologue. Conscients du danger, des lycéens nous ont livré leurs impressions sur le phénomène faisant preuve de bon usage de l’écran virtuel. « Moi, j’ai un compte Facebook que je n’utilise que pour les bonnes choses, soit pour passer le bonjour et papoter  avec mes amis, soit échanger avec eux des documents scolaires », nous dit Mohamed, élève de 1re AS. D’un air plus sérieux, Nadine, élève de terminale, enchaîne : « Certes, j’ai un compte sur les réseaux sociaux, mais que je ne consulte qu’à des fins éducatives, soit pour parler de sport, puisque je suis sportive, soit pour s’entraider à simplifier des cours scolaires, point barre.» «C’est une occasion pour nous, à travers ce genre de rencontres, de faire la lumière sur ce phénomène et sur d’autres qui présentent un danger pour nos enfants avant qu’ils ne fassent tâche d’huile », nous dit en conclusion Abdelkrim Latamna, directeur dudit lycée.
M. A.