Les trois coups ont été donnés mardi soir avec en ouverture « Everybody Knows », un film tourné en Espagne avec le couple star Pénélope Cruz et Javier Bardem, par le réalisateur iranien Asghar Farhadi, Prix du scénario à Cannes en 2016 et Oscar du meilleur film étranger en 2017 pour « Le Client ».

Le directeur artistique du festival, Thierry Frémaux, a prévu quelques modifications destinées à rehausser le prestige de Cannes sérieusement talonné par Toronto. Tout d’abord, la presse ne verra plus les films en compétition avant le public de la soirée de gala.

Quoi de neuf dans cette 71e édition ?
Une manière d’éviter que des critiques mitigées, voire défavorables viennent irriter les producteurs des films, surtout américains. Sur le fameux tapis rouge, aux séances officielles du soir, plus de selfies, pratique qualifiée de «triviale» et qui nuirait, paraît-il, au glamour du festival et retarde, dans sa progression, le cortège des invités se dirigeant vers le grand auditorium Lumière. Enfin, après la polémique 2017, plus de films Netflix, dont les productions sont réservées au téléchargement et à la télévision. Seules les œuvres qui sortent en salle participent maintenant à la compétition, manière de donner la primauté au grand écran.

Viendra, viendra pas ?
Une grande incertitude concerne le film de clôture, ce qui donne lieu à toutes les supputations. Une bataille juridique, féroce, concernant les droits de cette production, oppose un de ses producteurs, le Franco-Portugais Paulo Branco (qui s’oppose à la projection) à son réalisateur Terry Gilliam.
Chacun revendiquant la propriété de « L’homme qui tua Don Quichotte». Le réalisateur anglais avait toujours rêvé de faire cette adaptation du roman de Cervantès dès sa lecture en 1989. Arrêté une première fois après un tournage apocalyptique, Terry Gilliam s’est remis à l’ouvrage dix-sept ans plus tard avec un casting de choix, Jonathan Pryce et Adam Driver. Un jugement en référé doit départager les belligérants.

Femmes, femmes !
Le festival, régulièrement accusé de ne présenter que peu de films de réalisatrices, a répondu (par une pirouette) en choisissant plus de femmes que d’hommes dans son jury officiel, qui sera présidé par la comédienne australienne Cate Blanchett (voir ci-dessous).
Le Jury de la Caméra d’or, quant à lui, drivé par la réalisatrice suisse Ursula Meier, et celui d’Un Certain Regard sera encadré par la comédienne américaine Uma Thurman, révélée à l’âge de 17 ans dans «Les Liaisons dangereuses» de Stephen Frears et «Les Aventures du baron de Münchausen» de Terry Gilliam, Enfin, chaque festivalier recevra un flyer précisant qu’à Cannes, ce sera « comportement correct exigé » avec mention d’un numéro de téléphone pour toute victime ou témoin de harcèlement sexuel et le rappel des peines maximales, 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende.
Les chasseurs d’autographes, les photographes amateurs, les fans sont déjà là, cadenassant les escabeaux ou leurs sièges aux barrières, devant les grandes marches, pour être sûrs d’avoir la meilleure place pour mitrailler les stars ou compléter leurs collections d’autographes.
Quant aux films, ils sont précieusement enfermés dans les cabines de projections attendant le jugement, sévère, magnanime ou enthousiaste des spectateurs.