Trois victoires en autant de matchs dans la poule «D» qui compte l’Argentine, vice-championne du monde, qu’elle a laminée 3 buts à 0, la Croatie n’a pas fait dans le détail en Coupe du Monde 2018 qui se tient en Russie. Pour la première fois dans leur histoire, les Croates réalisent un carton plein au Mondial. Ainsi, ils se retrouvent contraints à endosser le costume de sérieux outsiders à partir des huitièmes de finale où ils croiseront la route du Danemark dans trois jours à Novgorod.

Sans pitié, c’est le terme pour qualifier le parcours des «Damiers» lors du premier tour. Après les Nigérians (2/0), l’Argentine (3/0), c’était au tour des Islandais (2/1) de subir la loi des quarts de finalistes de l’Euro 2016. Le sélectionneur Zlatko Dalic était content du parcours de ses poulains à l’issue de la phase de groupes. «On a fait ce qu’on voulait. L’Islande a montré du caractère, de la discipline, ils savaient ce qu’ils voulaient. Mais je veux aussi féliciter mes joueurs parce qu’on a gagné et c’est la seule chose qui nous intéressait. Je ne suis pas content du but encaissé. Mais on a pris neuf points, on est premiers du groupe, avec sept buts marqués et un seul encaissé. Je pense qu’on a fait une bonne performance. Pas autant que les deux premiers matches mais on a neuf points, personne n’attendait ça», a réagi le driver croate qui a opéré 9 changements dans le onze par rapport aux deux premières sorties.
Recette : responsabiliser tout le monde
Son équipe était déjà assurée de finir première de son quartet. Il a fait souffler certains joueurs même s’il a décidé d’aligner Rakitic à dix minutes de la fin cherchant à ajouter un second but alors qu’il y avait score de parité (1/1). Un coaching gagnant puisque l’apport du Barcelonais était intéressant. Perisic a fini par trouver la faille à la 90e minute pour offrir la victoire. Le sélectionneur a évoqué le turn-over en expliquant qu’«aujourd’hui, notre performance n’a pas été idéale, ça n’était pas très bien huilé et certains joueurs ont été un peu en dessous. Mais chacun connaît sa place dans l’équipe et il n’y a pas beaucoup de débat là-dessus. J’ai pu faire jouer 21 joueurs. Tout le monde a pu aller sur le terrain, je suis fier de ça. Modric voulait jouer pour garder son rythme. Quand il joue, il rend les autres meilleurs. On voulait le laisser 60 minutes. On a dû faire entrer Rakitic malgré son (carton) jaune parce que Kovacic devait sortir.» Les «Vatreni» (les flamboyants), ont fini la première partie du tournoi avec brio. On ne pouvait pas leur demander plus.

Une autre compet’ commence

Avec 7 buts marqués et 1 seul encaissé, la Croatie a rendu une intéressante copie. Un parcours réjouissant qu’elle devra confirmer dès les huitièmes contre le Danemark dimanche (19h00). Désormais, il s’agit de mort subite. Un autre mode de compétition et un destin qui se joue sur un seul match. «On doit laisser ces trois matches derrière nous et nous concentrer sur le Danemark, qui est le moment de vérité. On a fait notre boulot. Les choses les plus importantes arrivent maintenant pour nous. Le Danemark est similaire à l’Islande, avec du caractère, de la discipline, quelques individualités de qualité», avertit Zlatko Dalic qui note : «On ne choisit pas son adversaire. On ne calcule pas. On respecte tous les adversaires et on ne part jamais du principe qu’une équipe est meilleure que nous» Contraints de passer par les barrages lors des éliminatoires de la zone Europe, les Croates ont montré un tout autre visage dans la messe mondiale. Avec un Modric en grande forme et un Rakitic très inspiré, ils donnent l’impression de pouvoir aller très loin avec des meneurs de jeu à l’ADN espagnolisé. Une éventualité à confirmer. n