Bien avant l’adoption du projet d’ordonnance portant loi organique relative au régime électoral, qui était à l’ordre du jour du Conseil des ministres d’hier, la perspective des élections législatives anticipées tend à faire bouger davantage les états-majors des partis politiques, du moins pour le moment, par déclarations interposées.
Les réactions de l’ensemble des acteurs politiques et autres se sont focalisées, ces dernières 48 heures, sur l’annonce faite par Nazih Berramdane, conseiller du Président chargé des organisations de la société civile et de la communauté nationale à l’étranger, portant création depuis samedi dernier d’un nouveau mouvement baptisé « Nidaa El Watan ». L’annonce a été suivie par un communiqué des représentants des organisations et associations, membres du collectif« Nidaa El Watan », qui ont souligné que «cette initiative est le fruit de contributions et de propositions pratiques pour relever les défis actuels en vue de renforcer la cohésion sociale et la solidarité nationale et de déjouer les complots qui visent la stabilité du pays et l’unité nationale ». Les promoteurs de cette initiative ont informé, à la même occasion, qu’une rencontre « devrait réunir prochainement ses membres fondateurs et les adhérents ».
La création de ce nouveau cadre politique a été accompagnée par de nombreuses critiques dans la majorité établit un parallèle avec les circonstances et les objectifs de création du Rassemblement national démocratique (RND) en février 1997.Nazih Berramdane n’a pas tardé à réagir à ce qu’il considère comme des « suspicions infondées », estimant que « l’initiative de Nida El Watan n’est pas un comité de soutien et ne ressemble guère aux précédente initiatives politiques, comme cela a été rapporté ; elle est conduite par des personnes qui jouissent d’une grande crédibilité dans la société ».
S’exprimant sur les ondes de la radio, l’ancien député du MPA a tiré sur «des personnes qui ne sont là que pour détruire et s’attaquer à toutes les initiatives pour saborder toute tentative de changement ».Visiblement agacé par les critiques que la démarche essuie, notamment sur les réseaux sociaux, Benramdane a essayé de tordre le cou à ce parallélisme. « D’aucuns ont comparé notre initiative à une précédente. Il faut savoir que cette dernière était dédiée à des personnes pour servir de comité de soutien. Aujourd’hui, il s’agit d’un appel de la nation et ceux qui adhèrent à l’initiative sont des personnes qui jouissent d’une grande crédibilité au niveau national. Elles ont répondu à notre appel pour servir la patrie », s’est-il défendu.
En tout état de cause, la scène politique tend à s’installer progressivement dans le contexte pré électoral des législatives anticipées pour s’animer davantage avec la convocation du corps électoral qui peut intervenir vers la fin de la semaine en cours, si l’on se fie au souhait de M. Tebboune d’organiser cette échéance d’ici fin juin.
La Constitution stipule à cet effet que les élections législatives ont lieu dans un délai maximal de trois mois après la dissolution. « Dans le cas où ces élections ne peuvent être organisées dans les délais prévus en raison d’une impossibilité quelconque, ce délai peut être prorogé d’une durée maximale de trois mois après avis de la Cour constitutionnelle», est-il indiqué dans la loi fondamentale. n