Le réexamen aujourd’hui par la chambre d’accusation du dossier Ali Ghediri accouchera-t-il d’un dénouement heureux pour le détenu ? Le collectif d’avocats du général-major à la retraite et ancien candidat à la présidentielle avortée d’avril 2019 est optimiste au vu des évolutions du dossier depuis mi-décembre. C’est-à-dire depuis que la Cour suprême a accepté le pourvoi en cassation introduit par les avocats du détenu à la prison de Koléa. «La chambre d’accusation pourra désormais, soit prononcer un non-lieu en faveur de l’ancien général à la retraite, soit requalifier les faits pour lesquels Ali Ghediri a été poursuivi, ce qui impliquerait un procès en correctionnelle», explique une avocate proche du dossier.
Un autre relève, à ce propos, que les chefs d’accusation ont été requalifiés en retenant la charge «d’atteinte au moral de l’armée» qui devra être jugée en correctionnelle. L’autre motif d’optimisme chez les avocats de Ghediri réside dans le fait que le réexamen se fera sans l’accusation «d’intelligence avec l’ennemi» retenue par le juge instructeur de l’affaire en 2019. La requalification des accusations ainsi que le contexte dans lequel intervient ce réexamen du dossier, différent de celui du procès dans ses deux instances, «peuvent générer une issue plutôt heureuse dans cette affaire», estiment des avocats.
En détention provisoire depuis le mois de juillet 2019, l’ancien candidat à la magistrature suprême tenait à plaider sa cause à travers ses avocats. Refusant de comparaître devant la chambre criminelle, il avait largement dénoncé les poursuites engagées contre lui. Dans une lettre rendue publique en juillet dernier, Ali Ghediri écrivait en ce sens qu’il était en «confinement politique», soulignant que «la raison aurait été sa décision de se porter candidat, mais aussi le contenu de son programme politique». «Tout ce que j’ai subi durant mon confinement politique à la prison a une seule source et une seule cause, à savoir ma candidature à l’élection présidentielle du 18 avril 2019, criminalisée volontairement sur la base de mon programme électoral», a-t-il dénoncé.
S’exprimant lors d’un point de presse tenu le 5 octobre dernier par le collectif d’avocats, Maître Khaled Bourayou a estimé que «si Ali Ghediri est toujours emprisonné c’est parce qu’il y a un règlement de compte. En tant que militaire, cela n’a jamais été accepté par le système, qu’il se présente à l’élection présidentielle». Tout en soulignant que le dossier d’accusations est vide, Maître Bourayou a déploré que «la défense ne peut pas remplir ses missions».
De son côté, l’avocate Aouicha Bekhti a défendu le non-fondement de l’accusation «un peu fourre-tout» de «l’atteinte au moral de l’armée», d’autant plus qu’«il n’y a aucun élément matériel qui la conforte et qu’elle est à l’encontre d’un ancien général major qui a toujours servi son pays en étant dans cette institution militaire et qui a toujours appelé à la souveraineté de cette institution».
Pour rappel, le général-major à la retraite a été placé, le 13 juin 2019, sous mandat de dépôt par le juge d’instruction près le Tribunal de Dar El Beïda à Alger. Il est accusé de «collecte d’informations, de nature à porter atteinte à l’économie nationale» au profit de pays étranger» et d’«atteinte au moral de l’armée nationale».