Le verdict dans l’affaire du général-major à la retraite Ali Ghediri, en détention depuis le 13 juin 2019, sera connu le 21 février en cours, a annoncé hier la Cour d’Alger, qui a réexaminé le dossier après plusieurs reports.
Le réexamen de l’affaire intervient depuis que la Cour suprême a rejeté les décisions et les qualifications des faits retenus contre l’ancien candidat à la présidentielle avortée d’avril 2019.
«La Cour suprême a considéré que l’accusation retenue est injustifiée, sans justificatifs», a affirmé, à ce propos, Maître Aouicha Bekhti, membre du Collectif d’avocats de l’ex-officier de l’ANP.
Le chef d’accusation de «réunion de documents et d’informations et leur mise à la disposition d’agents étrangers», des prérogatives du Tribunal criminel, a été abandonné en juin 2020, faisait savoir, pour sa part, Maître Bourayou.
L’ancien candidat à la magistrature suprême tenait à plaider sa cause à travers ses avocats tout en refusant de comparaître devant la chambre criminelle.
Dans une lettre rendue publique en juillet dernier, Ali Ghediri écrivait qu’il était en «confinement politique», soulignant que «la raison aurait été sa décision de se porter candidat, mais aussi le contenu de son programme politique».
«Tout ce que j’ai subi durant mon confinement politique à la prison a une seule source et une seule cause, à savoir ma candidature à l’élection présidentielle du 18 avril 2019, criminalisée volontairement sur la base de mon programme électoral», a-t-il dénoncé.
Pour l’avocate Aouicha Bekhti, il ne fait point de doute que «nous sommes en face de l’accusation infondée de l’atteinte au moral de l’armée», d’autant plus qu’«il n’y a aucun élément matériel qui la conforte et qu’elle est à l’encontre d’un ancien général major qui a toujours servi son pays en étant dans cette institution militaire et qui a toujours appelé à la souveraineté de cette institution».
D’où d’ailleurs son espoir que la Cour d’Alger prononce un non-lieu. «Un non-lieu est l’issue la plus logique de l’affaire à partir du moment où la Cour suprême a estimé que l’accusation est infondée», a souligné Maître Aouicha Bakhti, qui considère «inadmissible» que Ghediri soit mis en détention une si longue durée.
D’autres avocats proches du dossier estiment, pour leur part, que «la requalification des accusations ainsi que le contexte dans lequel intervient ce réexamen du dossier, qui diffèrent de celui du procès dans ses deux instances, peuvent générer une issue plutôt heureuse dans cette affaire». En tout état de cause, le sort de Ghediri sera connu le 21 février en cours.