Pour avoir une idée sur l’immensité du chantier de redressement dont a besoin l’Algérie, il suffit juste de contempler le paysage actuel. Les «brèches» sont multiples, à différents degrés, et cela touche d’innombrables secteurs. L’ampleur des désastres occasionnés par les 20 ans de Bouteflikisme est visible et palpable, et tout semble indiquer que les mouvements de levées de couvercles ne vont faire sortir que des «odeurs» nauséabondes.
Ainsi, ce qui se passe au niveau d’Algérie Poste démontre surtout le grand marasme dans lequel se trouvait, et se trouve toujours, cette entreprise publique. La grève «sauvage» déclenchée par ses travailleurs depuis mercredi dernier a réussi à faire «vibrer» tout le pays. La raison est évidemment claire, puisque les premières victimes sont les citoyens. Salariés et retraités ont été pris en otages dans ce conflit interne et de surcroit dès le début du mois de ramadhan. Les citoyens, désarmés et dont les droits ne sont plus défendus depuis des lurettes, se retrouvent encore une fois à subir ce genre de situations.
Il faut également retenir que cette grève au sein d’Algérie Poste n’a pas été déclenchée par un quelconque syndicat. Un débrayage quasiment national qui a pu se réaliser sans les nombreuses personnes au statut «officiel» de représentant des travailleurs. L’entourloupe n’a que trop duré. Les travailleurs d’Algérie Poste, à l’instar de plusieurs autres entreprises (publiques et privées), ne sont pas (bien) représentés. Les syndicats aux rares activités, et dont la «gestion» est décriée presque partout, ont besoin d’un coup de balai général.
Pour entrer dans une nouvelle ère, il est impératif de redémarrer sur de nouvelles bases. Cela devrait concerner toutes les entreprises publiques et toutes les administrations. Il est ainsi possible, et préférable, de profiter de la crise actuelle chez Algérie Poste pour lancer un «new deal» interne qui pourra être un exemple pour les autres organisations. Pour cela, l’implication totale et concrète des dirigeants et des travailleurs est indispensable.
L’application d’une politique de résultats devrait être une des solutions à mettre en œuvre pour pouvoir aspirer à une dynamique dont les bénéfices seront partagés par tous. Le destin de l’Algérie n’est pas de subir sans cesse les ratages d’avant. L’espoir est toujours permis de transformer les blocages en énergie fructueuse.