Une autre catégorie professionnelle vient d’exprimer sa désapprobation du contenu de la
loi de finances 2022. Il s’agit des médecins exerçant dans le secteur privé et représentés par le Syndicat national des médecins libéraux (SNML) qui rejoignent la contestation similaire des avocats, qui ont débrayé pendant une dizaine de jours, suspendue suite à la réunion de l’Union nationale de l’ordre des avocats (Unoa) avec Aïmene Benabderrahmane, Premier ministre et ministre des Finances.

PAR NAZIM BRAHIMI
La grève des avocats a fait tache d’huile, puisque leur mouvement de contestation du régime fiscal dans la LF 2022 a été rejoint par les notaires. La Chambre nationale des notaires a considéré que les charges fiscales causent «des préjudices aux activités des études notariales, qui assurent une mission de service public». L’organisation avait dénoncé ce qu’elle a qualifié de «non-prise en charge de ses propositions objectives, soumises lors de la présentation des nouvelles dispositions prévues dans l’avant-projet de Loi de finances 2022».
Malgré les démarches et les propositions objectives faites aux autorités compétentes, avant la promulgation de la Loi de finances 2022, et durant son examen au Parlement, «l’administration des impôts a continué à travailler de manière unilatérale et imposer sa vision sans consulter les concernés», a reproché l’organisation des notaires, trois semaines après la signature du texte par le premier magistrat du pays.
«La loi de finances 2022, après sa signature par le président de la République, risque de laminer un grand nombre de médecins libéraux», s’est élevé le Syndicat national des médecins libéraux, dans un communiqué rendu public hier, soulignant que «des alternatives ont été proposées aux pouvoirs publics». Le SNML a rappelé, dans ce sens, avoir « informé, par voie de presse, par missive au président de la République, par demande d’audience au ministre des Finances ainsi qu’au Médiateur de la République de cet état de fait».
Affirmant rester «attentifs aux réponses en respectant les délais protocolaires», mais «dans le cas contraire», les représentants des médecins libéraux annoncent d’ores et déjà la probabilité d’entamer un mouvement de grève. «Dans le cas contraire, le SNML se donne la légitimité d’envisager, après épuisement des voies légales de contestation, et après consultation de ses adhérents, les moyens appropriés d’exprimer les revendications de ces derniers», lit-on dans le communiqué du SNML, signé de son président Benbraham Mustapha.
La nouvelle loi de finances impose un système d’impôt de 35% contre 12% par le passé, ce qui irrite les médecins libéraux, qui évoquent, depuis plusieurs mois, «un contexte où l’activité ne carbure pas à plein régime en raison du contexte sanitaire». Pour le SNML, le nouveau régime d’imposition a été décidé dans un contexte «très difficile», dans la mesure où le corps médical libéral a été «impacté par la pandémie».
La même organisation syndicale a expliqué que les revenus du médecin libéral, ses dépenses, ainsi que son engagement dans la lutte contre la propagation de la Covid-19 se sont traduits par l’importance du volume des contaminations et de nombreux cas de décès chez les professionnels, alors que certains médecins ont décidé de suspendre carrément leur activité. Le SNML ne comprend pas les motivations de cette disposition dans un contexte de crise qui frappe la profession. «Pour 2022, le syndicat espérait, du fait de la crise que traverse le médecin libéral, une aide de l’Etat sous forme d’allégement des charges fiscales et sociales.
La loi de finances 2022, nonobstant ses difficultés durant deux années, a majoré ses impôts de 12 à 35%», a fait remarquer, début décembre, le syndicat, qui a appelé les autorités à «reconsidérer» certaines dispositions de la loi de finances de 2022.