C’est aujourd’hui que prend fin l’opération de consultation lancée par le ministère de l’Education nationale relative au maintien ou au report de la date du déroulement de l’épreuve du baccalauréat.

Les enseignants, directeurs de lycée, inspecteurs et candidats concernés par l’épreuve ont commencé à s’exprimer sur le sujet depuis lundi et la tendance serait au profit du report de l’examen, selon les syndicats du corps enseignant. Autrement dit, la majorité des parties concernées par les consultations aurait opté pour les dates du 19 au 24 juin, contre celles prévues initialement, du 3 au 6 du même mois. Le département de Nouria Benghebrit avait justifié le lancement de ces consultations par le souci de donner toutes les chances de réussite aux élèves qui s’apprêtent à passer le bac, suite aux grèves et interruption de la scolarité ayant perturbé le déroulement de l’année scolaire en cours. Une proposition qui ne fait pas l’unanimité au sein des syndicats de l’Education. Si, pour certains, un éventuel report est salué, d’autres ne lui trouvent pas d’« intérêt ni utilité ».
« Le report permettra d’accorder le temps nécessaire aux candidats et de les mettre dans des conditions psychiques et pédagogiques adéquates. Ils auront ainsi le temps nécessaire pour se préparer», estime Abdelouahab Zegar, porte-parole de l’Union nationale des personnels de l’éducation et de la formation (Unpef), faisant remarquer que « le report permettra aussi d’éviter aux élèves les épreuves du baccalauréat en plein mois de Ramadhan ».
L’Unpef reproche toutefois à la ministre de l’Education nationale d’avoir recouru à la consultation sans prendre l’avis des partenaires sociaux. « Pourtant, dans la charte d’éthique, signée entre les deux parties en 2015, il est clairement mentionné que la tutelle devrait se concerter avec ses partenaires sociaux avant de prendre une quelconque décision », souligne M. Zegar. « Or, nous avons appris sa volonté d’aller vers des consultations sur le report ou le maintien des dates de l’examen par le biais des médias nationaux », regrette notre interlocuteur.
De son côté, le Conseil des lycées d’Alger considère que le report de la date de l’examen du bac « est inutile », indique son secrétaire général Idir Achour. « L’intervalle entre les deux dates proposées ne sera pas utilisé pour rattraper les cours perdus. Bien au contraire, elle va casser le rythme de révision des élèves », justifie M. Achour, avant de prévenir que c’est « la subjectivité » qui va finir par trancher dans les consultations en cours et « non pas l’intérêt des candidats ».
Selon le secrétaire général du CLA, dans cette consultation, « nous aurons deux catégories de votants, celle qui ne veut pas travailler pendant le mois de Ramadhan donc, qui va opter pour le report, et une autre qui veut terminer l’année scolaire en cours et qui s’exprimera, automatiquement en faveur du maintien des dates initiales ». Donc « chacun va s’exprimer en fonction de ce qui arrange sa personne et non pas en fonction de l’intérêt de l’élève ». Le report «ne dérange pas le CLA », précise M. Achour, soutenant néanmoins que pour des raisons scientifiques et pédagogiques, « il est mieux de maintenir les dates initiales », car, explique-t-il, « la pédagogie et la science ne sont pas une question de démocratie, mais une question de réflexion sur l’intérêt de l’élève ». Dans ce sens, il cite le cas des candidats du Sud du pays qui, en cas de report, devront passer leur examen avec « le manque de moyens et une chaleur de plomb ».
Quant au coordonnateur national du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), Meziane Meriane, estime qu’avant d’aller à la consultation, il aurait fallu commencer par la publication du rapport de la commission nationale de suivi des programmes sur le taux d’avancement des cours dans les wilayas touchées par la grève. De plus, « il est inutile de reporter la date du baccalauréat si cet intervalle n’est pas consacrée à la poursuite et au rattrapage des cours », dit-il.