Ce début d’année 2018 devrait voir du changement au plan du commerce extérieur. De nouvelles règles de jeu sont entrées en vigueur en fonction du cap budgétaire que s’est fixé le gouvernement. De nouvelles mesures sont édictées. Des règlements portant sur une réforme plus globale des procédures bancaires, notamment ceux liées à l’importation des produits destinés à la revente en l’état.

Le relèvement de la couverture financière de l’opération d’importation reste la mesure la plus symbolique des dispositions monétaires destinées à la fois à limiter l’accès à la devise pour l’importation et, en parallèle, à privilégier la production nationale au détriment des biens venus d’ailleurs. Produire plus et importer le moins possible semble le nouveau credo de l’Etat. Les taxes de plusieurs produits, les tarifs bancaires exigés au préalable pour la couverture des opérations d’importation des produits finis ont augmenté. Plusieurs autres biens et consommables sont brusquement interdits à l’importation, tandis que les concessionnaires automobiles sont une fois de plus soumis à une nouvelle batterie de mesures de contingentement. Autant de modifications avec lesquelles il faudra désormais s’adapter. La baisse des ressources en devises aura été une mauvaise nouvelle mais qui pourrait bien se transformer aujourd’hui en opportunité. A toute chose malheur est bon, dit-on, un « malheur » procurant quelquefois quelques avantages imprévus. L’Algérie détient donc ici une belle conjoncture pour tenter de construire sur ses potentialités propres qui sont, de l’avis d’observateurs internationaux, immenses mais inexploitées de façon optimale. Une belle opportunité à condition de ne pas retomber dans des travers endurés déjà par le passé. Il ne s’agit pas d’organiser la pénurie pour provoquer des situations de monopole morbide pour la concurrence, l’une des règles fondamentales du commerce. Il s’agit plutôt de se sortir du piège économique morbide à terme, celui de consommer plus que l’on produit. Il s’agit de renverser la tendance afin de retrouver une véritable planche de salut et non plus revenir penaud à la planche à billets.