Les partisans et les opposants à la tenue de l’élection présidentielle du 12 décembre ont organisé des marches et des sit-in distincts dans plusieurs wilayas.

A Alger, les deux parties se sont retrouvées face à face devant le Grande-Poste. Les services de sécurité sont intervenus pour empêcher la marche des étudiants hostiles à l’élection de se rapprocher des manifestants pro-élection. Des arrestations ont été signalées. Tout a commencé avec une marche des partisans de la tenue de l’élection présidentielle. Une action qui a rapidement suscité la réaction des étudiants soutenus par des militants qui ont tenté d’organiser une contre-marche. Toujours à Alger, la grève à laquelle ont appelé des activistes du Hirak n’a pas connu une grande adhésion. A l’exception des étudiants, des enseignants de l’USTHB et de quelques commerçants, le reste des secteurs fonctionne normalement.
Les anciens appelés du Service national, mobilisés durant la période 1995/1999, ont organisé de leur côté, hier, une marche pacifique à Chlef, pour exprimer leur soutien à l’élection présidentielle du 12 décembre courant. Les participants à cette marche se sont réunis devant le siège de wilaya, avant de sillonner les artères principales de la ville, exprimant leur soutien à la tenue de l’élection présidentielle à leur date pour « mettre un terme aux manœuvres étrangères visant la déstabilisation du pays », ont-ils indiqué.
Un sit-in de soutien à la présidentielle du 12 décembre courant et à l’institution militaire a été organisé, hier, également à la place de la commune de Bouinan à Blida. Les manifestants, issus de différentes communes de Blida et relevant de diverses associations et organisations, se sont réunis à la place centrale de Bouinan, brandissant l’emblème national et entonnant des chants nationaux, tout en scandant des slogans exprimant leur « soutien total et inconditionnel » à la prochaine élection présidentielle. Ils ont, également, lancé un appel à une affluence massive vers les bureaux de vote le 12 décembre pour, ont-ils dit, « l’union et la stabilité de l’Algérie et museler les voix qui appellent à la fitna ».
A Sétif, où la grève est suivie partiellement, des activistes ont organisé en fin de la journée un sit-in au centre-ville pour exiger l’annulation de l’élection présidentielle. Une marche nocturne devait avoir lieu durant la soirée d’hier. Dans la ville de Tlemcen, les étudiants ont marché dans les rues de la ville pour exprimer leur refus à la tenue de la présidentielle ce jeudi. En ce qui concerne la grève, elle est timidement suivie.
Pas loin de Tlemcen, plus exactement à Aïn Témouchent, des étudiants ont observé un arrêt des cours suivi par une marche pour dire non aux élections. A Oran, la grève touche uniquement les établissements universitaires. Des militants organisent chaque fin de journée une marche qui dure jusqu’à la soirée.
A Ghardaïa, la grève a connu un suivi important durant la journée d’hier, indiquent plusieurs sources locales. La plupart des commerces ont baissé rideau durant la journée d’hier. Une marche nocturne a été organisée dans la ville de Ghardaïa durant la nuit de dimanche. Les manifestants ont demandé aux commerçants de rejoindre le mouvement de grève. Une action similaire a été tenue à El Oued.
Dans la ville de Constantine, les étudiants continuent de bouder les bancs de l’université en répondant à l’appel à la grève. Une grève qui n’a pas connu de suivi en dehors des murs des établissements universitaires. En revanche, des activistes organisent le soir, une marche nocturne contre les élections.
Par ailleurs, les wilayas de Béjaïa et Tizi Ouzou ont connu pour la deuxième journée consécutive une paralysie totale. Toutes les activités sont à l’arrêt. Idem pour une bonne partie des wilayas de Bouira et Boumerdès.