La Confédération des syndicats algériens (CSA) tient une réunion, aujourd’hui à Alger, pour débattre de l’élection présidentielle du 12 décembre et dégager la démarche à prendre vis-à-vis de cette échéance. Les 13 syndicats autonomes, issus de différents secteurs, qui composent le CSA se pencheront également sur le projet de loi sur les hydrocarbures, adopté dimanche dernier en Conseil des ministres sur fond de remise en cause par des partis politiques, associations et analystes, mais aussi une large contestation populaire, illustrée notamment par le rassemblement, le même jour, de manifestants devant le siège de l’Assemblée populaire nationale.
Les problèmes socioprofessionnels de l’heure seront certes abordés lors de ce rendez-vous, mais « les débats seront concentrés sur l’élection présidentielle et le projet de loi sur les hydrocarbures », nous indique un membre de la Confédération, en l’occurrence Boualem Amoura, secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef). Il soulignera qu’un 14e syndicat sera de la partie aujourd’hui, à savoir celui des biologistes. « Sa demande d’intégrer la confédération a été déposée récemment et son intégration sera annoncée jeudi lors de la réunion », nous a précisé hier M. Amoura
Pour ce qui est de la position du Satef à l’égard du scrutin du 12 décembre, son secrétaire général en donne déjà un aperçu assez clair lorsqu’il relève qu’« on ne peut pas aller vers la présidentielle dans les conditions actuelles ». Avant d’élire un président de la République, « il faut prendre des mesures d’apaisement, notamment à travers la libération des détenus d’opinion et la levée des pressions sur les medias, dont surtout les medias publics », recommande notre interlocuteur, ajoutant que cette position a été adoptée lors du conseil national du Satef, en septembre dernier.
Plusieurs syndicats membres de la CSA ont également tenu dernièrement leurs conseils nationaux en prévision de la réunion qui les regroupera aujourd’hui. A la question de savoir qu’elle est la tendance générale qui règne au sein de cette confédération à l’égard de la présidentielle, un membre de sa direction répondra qu’« il y a un refus qui se dégage dans un climat marqué par les arrestations d’activistes du mouvement populaire, des interdictions d’entrée à la capitale chaque vendredi pour les citoyens des autres wilayas et par les pressions exercées sur les médias ».