La communication dans sa globalité semble une priorité pour le gouvernement. Le conseil des ministres a adopté «la stratégie» de l’adaptation de la «communication gouvernementale» à la nouvelle situation du pays. Une stratégie qui vise à booster «la communication institutionnelle complémentaire et l’accompagnement des institutions de l’Etat» à travers des plans de communication sectoriels. Il a insisté sur la mise en place de structures de veille médiatique efficaces. L’objectif de la relance de ce secteur est, annonce-t-on, «la mobilisation des médias publics et privés en vue de contribuer au rétablissement de la confiance du citoyen en les institutions de son pays», et «la restructuration de la presse publique à travers une réforme radicale pour en améliorer la performance et la gestion, notamment par la généralisation du numérique via les portails et de la presse sur la toile». Le monde des médias est à l’évidence en demande de mutation. La dernière décennie aura été marquée par une évolution dans le désordre des médias dans leurs différents supports. Le champ audiovisuel notamment avec la multiplication des chaînes privées mais de droit étranger aura été au centre de l’attention. Et de la tension. Plusieurs chaînes de télévision satellitaire «algériennes» ne sont toujours pas conformes avec la loi en vigueur. Il a été question de mettre l’accent sur «l’impératif d’accélérer la régularisation de la situation juridique des chaînes privées pour qu’elles soient en conformité avec la loi sur l’audiovisuel» et de même pour les supports électroniques, et «le respect de la déontologie». Le Président Tebboune a appelé à «tirer profit de la contribution des compétences médiatiques passées par le secteur pour l’enrichissement de la scène médiatique et la formation des jeunes journalistes». Il a également «donné des orientations concernant la communication institutionnelle et la presse publique, ordonnant le lancement immédiat d’une chaîne parlementaire, et de penser dès maintenant à une chaîne dédiée aux jeunes». La présentation s’est attachée à définir le contexte, les principes, les acteurs ainsi que les outils devant être pris en ligne de compte dans la mise en place de la stratégie de communication appelée à accompagner la mise en œuvre du Plan d’action du gouvernement.
Equilibre entre liberté et responsabilité
Le ministre de la Communication Amar Belhimer a annoncé l’ouverture de plusieurs ateliers dans le but de renforcer le cadre référentiel, à travers «la restauration de la confiance du citoyen dans les contenus des médias et la réalisation de l’équilibre requis entre la liberté et la responsabilité par l’exercice serein de la liberté de la presse». Dans une intervention à la radio, il a abordé la démarche de «l’ouverture médiatique et de la concurrence loyale marquant les pratiques du domaine de l’audiovisuel et de la presse écrite, en préservant le pluralisme et la compétitivité», ainsi que «la révision du cadre législatif et règlementaire du secteur de la communication et le comblement du vide juridique existant dans le domaine de la presse électronique, de la publicité et des chaînes privées, avec la régulation de la presse électronique et de la publicité». La démarche semble ambitieuse dans un secteur particulièrement mal en point. Il insistera sur l’importance «d’améliorer et de redorer le blason de l’Algérie à l’étranger, en lançant une chaîne télévisée internationale parallèlement au renforcement du réseau des bureaux de l’agence Algérie Presse Service (APS)» et la «régulation, voire le renforcement des activités de sondage et l’assainissement de la situation des revues et des périodiques spécialisés». «Outre la consolidation de la diplomatie économique à travers la création de l’agence de coopération et de développement, le gouvernement renforcera également la diplomatie culturelle au service du rayonnement, du rôle et de l’influence de l’Algérie». En somme des outils pour un soft-power algérien qui font cruellement défaut. n