C’est avec une main lourde que la Commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) a frappé, mercredi soir, en prononçant des sanctions sévères lors du traitement des affaires des 26e et 27e journées du Championnat de Ligue 1.

La suspension de Hamza Koudri (USM Alger) pour deux années, dont une avec suris, a éclipsé les matchs à huis clos infligés à la JS Kabylie et au MC Alger après les incidents du match de la Coupe d’Algérie, joué le 13 avril dernier. Aussi, ses deux coéquipiers, Abderraouf Benguit et Ayoub Abdellaoui, accablés par le rapport du commissaire du match contre le CS Constantine, ont écopé de 8 (dont 4 avec sursis) et 3 rencontres (dont 1 avec sursis). Des suspensions qui donnent l’impression que les Usmistes ont payé les pots cassés pour les autres. Toute objectivité gardée, il ne s’agit pas là d’un club récidiviste avec des joueurs au tempérament réputé agressif. L’USM Alger, en tant que galerie ou équipe, n’a jamais été citée depuis le début de la saison dans des incidents avant la 26e journée de la Ligue 1 de football Mobilis. Un déplacement chez… le CS Constantine qui a coûté les trois points aux « Rouge et Noir » et deux joueurs qui ont vu rouge, à savoir Ayoub Abdellaoui et Abderraouf Benguit.
Comme le stipule le code disciplinaire en son article 105 (Expulsion), la commission de discipline de la LFP a tranché la durée de la suspension des deux joueurs exclus. Cet alinéa stipule que « tout joueur expulsé directement avant, pendant ou après la rencontre écope d’une suspension en plus de la suspension automatique, celle-ci est incluse dans les sanctions définies par le code disciplinaire ». Le verdict est tombé. Benguit a été suspendu pour 8 rencontres (dont 4 avec sursis) pour « tentative d’agression envers officiels », alors qu’Abdellaoui (voie de fait) en a pris trois dont 1 avec sursis. Les deux joueurs devront s’acquitter d’une amende respectivement de 60 000 DA et 30 000 DA.
Comme l’indique le règlement des championnats de football professionnel dans son « chapitre III/ (Infractions) », plus précisément dans l’article 98 (procédure), la direction unioniste pourrait introduire un recours pour Benguit seulement, puisque «les décisions de la commission de discipline de la LFP peuvent faire l’objet d’un appel auprès de la commission de recours de la FAF qui statuera en dernier ressort ». En effet, les mesures disciplinaires sont irrévocables sauf pour les sanctions suivantes qui sont définitives et non susceptibles d’appel : «Une suspension égale ou inférieure à quatre  matchs, une sanction égale ou inférieure à deux matchs à huis clos, une amende égale ou inférieure à 100 000 DA et les sanctions ayant trait aux forfaits confirmés », peut-on lire dans le règlement.

Haddad a-t-il manigancé contre Serrar ?

Par ailleurs, le nouveau président du directoire d’« Ittihad », Abdelhakim Serrar, a indiqué que le club « va déposer un recours » contre des sanctions qu’il a jugées « orientées et abusives », au moment où Abdellaoui a réagi en reconnaissant qu’il a «fauté», non sans exprimer son étonnement quant à la sanction de Hamza Koudri. Ce dernier sera suspendu pour deux années dont une avec sursis pour « agression et lésion corporelle contre le commissaire du match CS Constantine – USM Alger » lit-on dans le communiqué de la LFP.
« A la limite, je pourrais comprendre la sanction contre Benguit. Ce dernier a fait un croche-pied à l’arbitre et ce dernier est tombé, il mérite donc amplement sa sanction. Pour Hamza, c’est un garçon très bien éduqué, exemplaire et très sérieux. Je n’ai rien vu de mal de sa part depuis que je suis au club. En plus, il est en fin de carrière. C’est en quelque sorte une injustice contre un joueur qui a toujours fait preuve de bon sens et de professionnalisme», s’est désolé Serrar.
Le successeur de Rebouh Haddad à la tête du « board» des gars de Soustara (tiens, tiens) a aussi précisé que « le pire dans tout ça, c’est que Koudri ne savait même pas qu’il avait affaire au délégué de match ou un autre officiel. Il le prenait pour un intrus ou un dirigeant du CSC. Ce qui s’est passé sur le terrain, tout le monde l’a vu. Le délégué l’a violemment interpellé alors que notre joueur était énervé. Ils ont changé des amabilités parce que, comme je le disais avant, il ne savait pas qu’il était le délégué. Ensuite, dans le tunnel, le délégué de match est revenu à la charge et Koudri l’a poussé avec son pied, touchant très légèrement  le mollet du délégué.» Serrar dénonce à demi-mot un complot qui vise sa personne. En effet, la présence de Rebouh Haddad, ancien chargé des affaires du team algérois, n’a en rien évité cette punition suprême pour le club, octuple vainqueur de la Coupe d’Algérie. Le fait que la gestion des affaires de l’USMA lui ait été retirée par son frère Ali qui détient la majorité des actions de la SSPA/USMA. Est-ce un coup bas porté à son successeur dans un « football cirucus » Dz où les scénarios les plus fous peuvent être établis ?.

Koudri – Chaouchi : parallèle édifiant d’une exemplarité sélective !

Pour revenir au cas Koudri, force est de préciser que le milieu de terrain en est à son premier véritable écart de discipline de sa carrière. Cela n’a pas empêché le comité géré d’« instaurer » la discipline dans les deux paliers de football « pro » de donner un sérieux coup à sa carrière avec ce « châtiment ». Lui qui aura 31 ans en décembre prochain. Parallèlement, on a un Faouzi Chaouchi, multiple récidiviste, qui n’a été condamné qu’à 5 matchs dont 1 avec sursis pour avoir craché sur un stadier. Le portier du MC Alger, qui ne compte plus ses incartades, n’a pas vu son cas traité avec autant de sévérité. C’est à se poser des questions.
Ceci n’a pas échappé à Serrar. « J’apprends qu’il a eu un certificat médical de 15 jours ! Franchement, je n‘y comprends rien, à part que Koudri ne méritait pas cette sanction. Aussi, l’autre chose qui me surprend c’est que le MCA ne purgera sa sanction que face à la JSS, pourquoi pas demain face à l’USMBA. Je n’ai rien contre le MCA, mais cette décision est encore plus surprenante que tout le reste », a comparé l’ancien chairman de l’USM Bel-Abbes et l’ES Sétif.
En tout cas, il ne reste qu’à faire appel. Pour être recevable, il doit être «introduit dans les deux jours ouvrables à dater du lendemain de la notification de la décision contestée ; il doit être déposé au secrétariat de la FAF ou transmis par fax et accompagné, au titre du paiement des droits de recours, d’un chèque de banque ou de la copie du bordereau de versement bancaire d’un montant de 50 000 DA à la FAF. Les droits payés ne sont pas remboursables ».