Avec tous les problèmes que subissent actuellement les Algériens, et la grogne qui en résulte, un point s’impose à tout le monde, celui de préserver la cohésion sociale. Son importance est primordiale pour espérer sortir des nombreuses impasses constatées dans la majorité des secteurs. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas s’attendre à ce que les dernières mesures annoncées par le Conseil des ministres puissent régler les problèmes. Certes, la réduction de l’IRG et l’augmentation du point indiciaire sont deux décisions positives, mais elles restent bien insuffisantes.
C’est ce que précise, dans l’entretien publié dans notre édition d’aujourd’hui, Nouredine Bouderba. L’expert des questions sociales et du monde du travail rappelle que ces annonces -qui restent encore flous puisqu’aucun détail n’a été dévoilé- ne vont «rien résoudre» et risquent même «d’approfondir les inégalités». Se voulant concret -en attendant que le gouvernement le soit sur cette question-, Nouredine Bouderba précise que ces deux mesures ne concernent pas la majorité des salariés algériens. Plusieurs catégories ne pourront pas en bénéficier. Ainsi, les espoirs mis sur les dernières décisions du Conseil des ministres devront être revus à la baisse.
L’expert des questions sociales et du monde du travail ne se contente pas de critiquer -ce qui devrait inspirer bien d’autres. Lui, il propose des solutions. Entre autres, il demande une augmentation d’au moins 50% du SNMG (salaire national minimum global). Il en donne d’autres, comme d’ailleurs plusieurs syndicats. D’où l’importance d’un dialogue entre les «vrais» représentants des salariés, aux côtés du patronat et du gouvernement, pour essayer de trouver des solutions adéquates.
La concertation, qui fluctue jusqu’ici entre l’inexistence et le folklore demeure un élément essentiel pour toute action allant dans le sens de la cohésion sociale. Mais même cela sera insuffisant. C’est qu’en parallèle, l’Etat doit faire en sorte d’endiguer l’inflation, en contrôlant les prix sur le marché.
Tout le monde est impliqué, et rien ne pourra se faire avec l’«esprit» de décisions pyramidales.