Le baril de pétrole tournera autour d’une moyenne de 75 dollars en 2018, selon la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface) dont le « Baromètre risques pays et sectoriels trimestriel » a été publié hier. Des prévisions revues à la hausse par cet organisme d’assurance qui s’appuie sur les données d’un marché marqué par une progression à hauteur de 20%

depuis l’entame de l’année et de plus de 75 % depuis que les prix ont atteint un point bas de 45 dollars en 2017, allant jusqu’à dépasser les 80 dollars en mai dernier, leur « plus haut » depuis la fin de l’année 2014, rappelle la même source. Le contexte économique relativement robuste « devrait continuer à stimuler la demande, après un hiver froid aux Etats-Unis et en Europe, qui a été favorable à la consommation, fait remarquer la Coface, qualifiant néanmoins de « prématuré » le retour des prix à 100 dollars au second semestre 2018. Si elle correspond à « un rééquilibrage des fondamentaux », cette tendance à la hausse aura été aussi provoquée par « une montée du risque géopolitique au sein des pays producteurs de pétrole » souligne à son tour la commission française, tout en s’inscrivant dans la même logique des analyses faites autour de l’accord de limitation de production des membres de l’Opep et de leurs partenaires. Entrée en vigueur début 2017 pour juguler l’érosion des prix du pétrole entamée en 2014, en s’attaquant à la surabondance de l’offre, cet accord «a finalement porté ses fruits après des résultats difficilement perceptibles dans les six premiers mois de 2017 », considère, en effet, la compagnie, tout en notant que, si l’incertitude politique au Moyen-Orient (Yémen, Irak, Syrie) a été un facteur de hausse des prix ces derniers mois, c’est surtout suite à la décision du président Donald Trump de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien.

La Coface rappelle la configuration géopolitique identique qui avait prévalu en 2011-2012, lorsque la production iranienne avait été amputée de près de 800 000 barils par jour, suite aux sanctions alors durcies par les Etats-Unis, l’UE et l’Organisation des Nations unies (ONU) contre l’Iran, un des géants de la production de l’exportation mondiales de Brut.
Analysant les retombées de l’évolution du marché pétrolier sur l’économie mondiale, la compagnie française fait remarquer que si la hausse récente des cours du pétrole profite aux pays émergents exportateurs, les pays importateurs sont confrontés à la dégradation de leur solde commercial et à un moindre appétit des investisseurs internationaux pour leurs actifs financiers, à l’image de ce qui a déjà été observé en 2013, citant le cas de l’Argentine, la Turquie, le Sri Lanka et l’Inde.
Ces pays sont d’ailleurs dégradés dans le classement de la Coface « sous l’effet d’une demande interne dynamique favorisant les importations et des tensions politiques internes ».n