Par NAZIM BRAHIM
Engagé dans une crise diplomatique avec Alger depuis son revirement surprise dans la question du Sahara Occidental, le gouvernement espagnol tente de limiter les dégâts et les conséquences de sa position politique sur son approvisionnement en gaz.
La partie semble très ardue pour le gouvernement ibérique qui tente de réussir une double mission en défendant ses intérêts en la matière mais aussi ceux du Maroc, à qui il compte faire parvenir le gaz algérien. Or, les autorités algériennes restent intransigeantes à ce propos en menaçant de rompre son contrat de fourniture de gaz à l’Espagne dans le cas où il y a manquement aux engagements contractuels.
D’où les tentatives espagnoles de convaincre la partie algérienne de la possibilité de mettre en place ce qu’elles considèrent comme un «système de garanties» qui donnerait la sécurité qu’aucune molécule de gaz que Sonatrach fournit à l’Espagne ne se retrouve au Maroc. L’objectif pour la partie espagnole consiste à éviter que les menaces de l’Algérie soient exécutées, ce qui coûterait très cher à l’Espagne en sa qualité de pays grandement dépendant de l’Algérie dans sa consommation gazière, d’où l’empressement du gouvernement Sanchez à trouver des palliatifs à cette situation inconfortable dans laquelle il s’est retrouvé depuis son revirement diplomatique à propos de la question du Sahara Occidental.
Du côté des médias madrilènes, la nouvelle procédure sur laquelle se base toute la réaction espagnole sera approuvée dans les meilleurs délais avec l’espoir de «satisfaire» l’Algérie et pouvoir, par conséquent, exporter du gaz vers le Maroc, un pays qui se retrouve dans la zone rouge puisque sans approvisionnement en gaz depuis le 31 octobre dernier, où le contrat de fourniture de gaz n’a pas été renouvelé à travers le gazoduc Maghreb-Europe.
La ministre espagnole de l’Energie a tenté de soutenir son plan, lequel explique que c’est le Maroc qui contracte le gaz naturel liquéfié en volume par ce tuyau, dans le sens opposé, nord-sud, et qu’il soit transparent sur l’origine de ce gaz et le lieu où ce gaz est déchargé, afin que nous puissions être sûrs que le volume, l’origine et la destination sont conformes à cet engagement envers l’Algérie».
Or, Alger semble plus qu’à l’aise dans ce dossier en faisant preuve de son attachement à l’esprit et à la lettre des clauses contractuelles qui stipulent que «tout acheminement de quantités de gaz naturel algérien livrées à l’Espagne, dont la destination n’est autre que celle prévue dans les contrats, sera considéré comme un manquement aux engagements contractuels et, par conséquent, pourrait aboutir à la rupture du contrat liant la Sonatrach à ses clients espagnols».