Par Hamid Bellagha

Si les scientifiques divergent sur plusieurs points concernant la Covid-19, force est de constater qu’ils adhèrent tous à la nécessité de la vaccination en plus de l’adoption des gestes barrières pour aboutir à l’immunité collective.
En effet, si les chiffres des contaminations en Algérie ont été divisés par huit, par rapport au dernier pic enregistré, il n’en demeure pas moins que le nombre de décès ne suit pas et demeure relativement élevé. Cela serait dû, selon les spécialistes, à des résidus importants du variant Delta, en plus du ratio très faible de la vaccination. De facto, la question de la vaccination de la population à au moins 70 % se repose et se profile indubitablement vers une chimère. Les différentes campagnes de vaccination n’ont pas eu d’impact significatif sur les Algériens. Ces derniers n’ont adhéré à un retroussement de manche que lors de la troisième vague meurtrière. Depuis, c’est le relâchement total qui va, des bousculades dans les marchés jusqu’au «collage» total dans les transports publics, le tout avec des airs de déjà entendus stigmatisant le vaccin et les vaccinés.
En l’absence d’une politique d’impératif vaccinal, il ne faut pas s’attendre à un flux vers les centres de santé, le devoir de protection de l’autre ne figurant pas dans le lexique des «antivax».
De fait, et même si les scientifiques prônent «une dernière heure» du virus, une mauvaise surprise n’est pas à écarter car l’apparition de nouveaux variants plus létaux n’est pas une simple vue de l’esprit. De même que la protection par la vaccination n’a jamais été une assurance à 100 % contre le virus, même si elle éloigne les vaccinés des hôpitaux et des formes graves. La météo n’ayant aucune influence sur le virus, il serait erroné de croire que la belle saison qui s’annonce déjà en hiver pourrait faire fléchir la Covid-19.
Donc même avec les «armes» dont on dispose ou que l’on croit acquises, la fin du virus n’est pas pour demain, et il va falloir s’habituer à l’apprivoiser comme le meilleur ennemi invisible. Cela a été le cas pour les Sars précédents qui ont été relégués à de simples «grippettes». Néanmoins, avec sa phase descendante et une situation épidémique améliorée, l’espérance renaît quant à une fin proche de la pandémie. Les abandons progressifs des gestes barrières sous d’autres latitudes redonnent du tonus à l’espoir en attendant de reléguer le cauchemar viral, sans jeu de mots, aux abysses de la mémoire, tout en ayant à l’esprit que la vaccination reste et demeure encore une question de vie ou de mort.