Par Hamid Bellagha
La canicule qui sévit en Europe n’a pas réussi à faire oublier la possibilité d’une pénurie de gaz pour la plupart des capitales européennes. La guerre en Ukraine, en effet, n’en finit pas de diviser le monde et de faire subir des dommages collatéraux alimentaires et énergétiques à travers « le village planétaire» qui n’a jamais aussi bien porté son nom que cette année.
Tout s’accélère et la crainte d’un hiver sans chauffage et d’un record du litre de carburant à la pompe fait que les capitales européennes ne rougissent pas pour établir ou rétablir des alliances avec les «parias» d’hier. L’héritier du trône de l’Arabie Saoudite est soudainement devenu fréquentable, Téhéran presque recommandable, et Alger est (re) perçu brusquement comme «Le» fournisseur le plus fiable d’énergie pour le Vieux continent.
Les cartes sont rebattues, les dés relancés, la géopolitique réinventée… et le projet du gazoduc transsaharien remis sur table. Il a fallu la crise de l’énergie actuelle pour que les Européens cesse de lorgner vers le gazoduc qui devait passer par Rabat, pourtant moins sûr techniquement, trop cher financièrement, mais très intéressant… politiquement, le makhzen ayant fait miroiter monts et merveilles à travers les chambres cossues du fameux Mamounia de Marrakech aux décideurs européens.
Néanmoins, la real politique a fait que l’on se souvienne de la fiabilité économique, financière et politique de l’Algérie et la possibilité qu’elle devienne, mieux vaut tard que jamais, le hub gazier qu’elle devrait être depuis des décennies.
Pour les raisons évoquées plus haut, avec les nouvelles conditions posées par Sonatrach qui transforment les clients en partenaires, et surtout les récentes découvertes de champs gaziers très fournis, Alger se replace dans le jeu avec une main idéale, sans avoir besoin de bluffer. Tout est fait pour que le gazoduc Nigéria-Algérie voit le jour dans les plus brefs délais, toutes les parties ayant trouvé l’accord parfait et pour que l’exploitation des nouvelles découvertes de gaz soient converties en Dollars américains avant la fin de l’année prochaine.
Une aubaine pour les finances du pays qui ne s’attendait pas à une telle obole. Le tout est d’assurer la bonne gouvernance de ce pactole tout en ayant un œil sur la consommation excessive de gaz naturel sous nos latitudes qui ne sauraient devenir un seuil acceptable qu’avec une «sagesse» dans la consommation gazière, et bien sûr et surtout, l’entrée en force des énergies renouvelables made in DZ.
Et le projet Shaems est là pour requinquer les espoirs de Sonatrach, d’un pays, pour mériter une place… au soleil.