La caravane nationale pour la défense du développement local, qu’organise l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA), a fait escale, hier, dans la wilaya de Ghardaïa où a été mise en exergue l’industrie artisanale comme, non seulement un atout culturel, mais également un facteur de développement local. L’occasion aussi d’évoquer les obstacles à l’essor de l’industrie artisanale.
« La formation continue des artisans, le manque de matières premières et la commercialisation des produits artisanaux » sont autant d’embûches sur le chemin de la promotion de l’industrie artisanale dans le Sud algérien, ont estimé unanimement les artisans de la région et le président de l’Association nationale des commerçants, Hadj Tahar Boulenouar.
Dans le détail, les artisans de l’industrie des tapis à Ghardaïa se plaignent davantage du manque de matières premières, la laine particulièrement, pour pouvoir développer et promouvoir leurs produits artisanaux qui restent très demandés pas uniquement par les populations locales mais aussi par les touristes qui y séjournent.
C’est l’un des obstacles qui freinent l’industrie des tapis dans la wilaya de Ghardaïa et qui découragent les femmes activant dans le secteur, visiblement lasses des promesses de la tutelle, a-t-on appris sur les lieux. « Nous égorgeons, chaque année, entre 3 et 4 millions de moutons. Et en même temps, nous importons la laine et d’autres produits de l’étranger, ce n’est pas normal », a souligné M. Boulenouar, selon qui « nous devons profiter des déchets pour extraire la matière première qui alourdit la facture de l’importation de l’Algérie ». La formation continue, d’après le président de l’ANCA, est plus que nécessaire pour améliorer la productivité des professionnels. « Les formations n’intéressent malheureusement pas les artisans. Ils sont généralement absents », a-t-il regretté. Pour ce qui est de la commercialisation des produits artisanaux, M. Boulenouar a promis d’exposer, tous les six mois, les produits artisanaux faits au Sud dans les grandes villes du Nord. « Pour promouvoir et développer la commercialisation des produits artisanaux, il faut rapprocher les artisans des commerçants.
Ces derniers peuvent également conseiller l’artisan quant à l’amélioration du produit artisanal, a-t-il ajouté. Après avoir écouté les préoccupations des artisans, M. Boulenouar a promis de les transmettre à la tutelle. Le président de l’ANCA a dévoilé que son association envisage de signer plusieurs conventions avec les ministres du Commerce, du Tourisme, de l’Industrie et d’autres secteurs. Chaque ville d’Algérie doit présenter ses produits typiques aux touristes.
Il a appelé les professionnels à élargir leur réseau d’activités. M. Boulenouar a mis en avance l’importance de l’industrie artisanale dans la propagation de la culture et du développement local. La wilaya de Ghardaïa compte plus de 7 000 artisans, générant environ 21 000 emplois. n