Par Mohamed Touileb
En 52 matchs et 4 semaines de compétition, la 33e séquence de la Coupe d’Afrique des nations a déchaîné les passions. Un drame, des larmes, des rires, des joies, des désillusions et parfois même de la stupéfaction, l’édition camerounaise nous a offert son lot de sentiments et de sensations.
Bien évidemment, au milieu de la fête, il y avait l’incident malheureux qui a coûté la vie à 8 personnes et 38 blessés au stade Olembe. C’était en marge du huitième de finale Cameroun – Comores. Une bousculade devant l’une des portes de l’enceinte a engendré un mouvement de foule mortel.
L’engouement était important sachant que la jauge a été placée à 80% de la capacité des tribunes pour les matchs des Camerounais contre 60% pour les autres affiches. Les «Lions Indomptables» avaient sorti un premier tour assez convaincant pour susciter plus d’intérêt autour de la sélection qui ralliera le dernier carré avant de se faire sortir par l’Egypte aux portes de la finale. Le sinistre épisode qui a pris des âmes engendrera une enquête demandée par la Confédération africaine de football (CAF) dans ce stade qui n’a pas abrité le quart de finale avant de rouvrir ses portes pour la demies et la finale.
Les Comoriens ont joué sans gardien
Par ailleurs, on notera que le match Cameroun – Comores (2-1) aura été «spécial» avant et durant la partie. En effet, les Comoriens ont dû se produire sans un gardien de métier car aucun des 3 portiers ne pouvait prendre part à l’explication. Et ce malgré le fait qu’Ali Ahamada, qui était positif au Coronavirus la veille, soit testé négatif le jour du match. Le changement des règles du protocole COVID-19 (isolement de 5 jours après confirmation de la contamination) par la Commission de compétition a porté préjudice aux «visiteurs».
Pour ce qui est du 3e gardien, il était blessé et ne pouvait être dans les cages. Les Camerounais ont évolué contre un adversaire qui a mis un latéral gauche remplaçant en dernier rempart. C’est Chaker Alhadhur qui a assuré la défense des filets en craquant à deux reprises. Fait remarquable : il a réussi à dégoûter la troupe à Conceiçao à plusieurs reprises. Néanmoins, il s’inclinera face à Vincent Aboubakar et Karl Toko-Ekambi qui ont respectivement inscrit 8 et 5 buts dans l’épreuve.
Tunisie – Mali : La défaillance de Sikazwe (arbitre)
Un autre match et une histoire. Comment oublier la situation rocambolesque de Tunisie – Mali joué le 12 janvier à Limbe. Au sifflet, il y avait Janny Sikazwe. L’arbitre zambien a accusé le coup d’arbitrer à 14h. Un premier coup de sifflet pour mettre un terme à la partie à la 85e minute devant la stupeur des acteurs de la rencontre et téléspectateurs. Alerté par ses assistants, le referee relance les débats mais siffle de nouveau à 20 secondes de la fin du temps réglementaire. Personne ne comprenait ce qui se passait. Mais, en voyant l’expression du visage de l’homme en noir (habillé en rouge pour l’occasion), on se doutait qu’il y avait un truc qui n’allait pas sur le plan physique. Plus tard, on apprendra que Sikazwe a souffert d’une insolation qui a altéré ses capacités de discernement.
«Il faisait très chaud, avec un taux d’humidité terrible, de plus de 80%. Dès mon échauffement, c’était dur. J’avais beau prendre de l’eau, j’avais l’impression d’avoir toujours aussi soif. Et ça s’est détérioré au fil des minutes. J’ai commencé à perdre mes repères. J’étais confus et je ne me rendais compte de rien. Je n’entendais plus mes assistants qui m’ont dit qu’ils essayaient de me joindre, de m’aider car ils voyaient que quelque chose n’allait pas. Je n’ai même pas eu l’impression qu’ils me parlaient», a raconté la vedette de cette séquence cocasse. Comme quoi, se produire en début d’après-midi n’est jamais une bonne idée.
Burkina Faso : Les 16 cartons de Jiyed !
Un autre arbitre s’est «illustré» lors de cette campagne. Il s’agit de Redouane Jiyed (Maroc). Désigné pour diriger le 1/8 de finale Burkina Faso – Gabon, le Marocain a dégainé 16 cartons jaunes et 1 rouge dans une rencontre où il a voulu imposer son arbitrage autoritaire.
Le gardien gabonais, Jean Noel Amonome, en a fait l’amère expérience lors du penalty accordé aux Burkinabés et raté par Bertrand Traoré. Jiyed criait sur le keeper pour qu’il avance et se mette sur sa ligne avant de tirer le coup de pied de surface. Une scène quelque peu embarrassante d’autant plus que le portier peut avoir toute la latitude de se mettre avant sa ligne de but et à l’endroit où il veut.
En outre, le directeur du jeu s’est distingué sur l’action de Boupendza (90’+3) qui a déclenché un contre en démarrant avant la ligne médiane avant d’être signalé en hors-jeu imaginaire. Jiyed venait de flinguer la balle de match puisque les Gabonais pouvaient s’imposer 2 buts à 1 si l’action était allée au bout.
Le marathon égyptien
Pour clore, on ne pouvait pas ne pas rendre hommage à l’Egypte du sensationnel gardien Gabaski qui aura été un formidable vice-champion. On parle d’une sélection qui a sorti trois gros morceaux : la Côte d’Ivoire, le Maroc et le Cameroun avant de buter sur le Sénégal.
Les Egyptiens ont disputé 4 prolongations lors des 4 rencontres à élimination directe. Un précédent. Les «Pharaons» ont montré beaucoup de courage et de résilience pour atteindre la dernière étape et frôler la 8e consécration dans l’histoire de la sélection. Le parcours de Mohamed Salah et ses compatriotes était tout de même sensationnel. n