La campagne référendaire pour la révision de la Constitution prévue le 1er novembre prochain a abordé hier son onzième jour synonyme de la deuxième et dernière semaine avant que les partisans et les opposants ne soient soumis au silence électoral conformément à la loi en vigueur.

Du 7 octobre jusqu’à hier, les partisans de la révision constitutionnelle, notamment les partis politiques de l’ancienne alliance présidentielle, ont multiplié les sorties publiques en vue de convaincre les Algériens de l’efficacité de la démarche et du contenu de la mouture soumise à approbation populaire.
C’est le cas de l’ancien parti unique, FLN, qui semble être le plus présent sur le terrain à travers son secrétaire général, Abou Fadhel Baadji, qui mise manifestement, en plus de l’appui et de la caution que le parti affiche au projet de révision constitutionnelle, à replacer le vieux parti sur la scène après sa disqualification populaire par le mouvement citoyen.
Le secrétaire général du parti tente même, dans ce sens, à se disculper de l’accompagnement et de l’adhésion pourtant assumés par les structures du parti au règne de l’ancien président de la République et à ses ambitions lors des différents scrutins qui l’avaient reconduit à la tête de la magistrature suprême.
Le double objectif semble structurer également la campagne référendaire du Rassemblement national démocratique (RND) avec une moindre de focalisation sur le passé du parti. Le nouveau SG du Rassemblement Tayeb Zitouni préfère, dans ce sens, s’accrocher à l’esprit et à au contenu de la mouture de la loi fondamentale.
Le successeur de Mihoubi (intérimaire après la chute d’Ouyahia) à la tête du parti a estimé dans ses différentes interventions que les articles contenus dans le projet d’amendement constitutionnel «sont de nature à renforcer les libertés sur tous les plans», jugeant que la «démarche est positive en dépit des lacunes relevées par le parti», soulignant que «le parti luttera pour pallier les lacunes et œuvrera à la consécration des points positifs contenus dans le projet».
Pour sa part, le parti Tajamou Amel El Djazair (TAJ) continue de mener campagne en faveur de la révision constitutionnelle au moment où le Mouvement populaire algérien (MPA), complètement effacé de l’espace public, semble ne pas se relever sans son ancien président en détention depuis plusieurs mois.
Par ailleurs et au-delà des partis de l’ancienne alliance présidentielle, le projet de révision constitutionnelle a pu compter dès l’entame de la campagne référendaire sur le soutien et la promotion qu’assurent les acteurs de l’initiative des «forces pour la réforme nationale», notamment à travers les anciens candidats à la présidence, Abdelkader Bengrina du mouvement El Bina et Abdelaziz Belaid, du Front El Moustakbal. Dans le camp du rejet, c’est le Mouvement de la société pour la paix (MSP) et le Front pour la justice et le développement (FJD), qui se distinguent en multipliant les sorties et les déclarations opposées aussi bien à la démarche qu’au contenu du texte fortement critiqués par les états-majors des deux partis islamistes. Abderezak Makri et Abdallah Djaballah continuent en effet de remettre en cause la démarche du gouvernement particulièrement sur «l’affiliation idéologique» du comité Laraba chargé de l’élaboration du texte, jugé «d’orientation laïque».
Les deux leaders islamistes ont fait également part de leur «colère» suite à la déclaration du ministre français des Affaires étrangères, Jean Yves le Drian, sur l’échéance de la révision constitution, estimant qu’il s’agit d’un «soutien suspect». Le week-end a été également marqué par la montée au créneau du MSP et du FJD qui ont condamné les «restrictions» qu’ils subissent de la part de l’administration qui interdirait leurs activités politiques dans le cadre de leurs campagnes de rejet de la révision constitutionnelle.
La campagne référendaire demeure par ailleurs marquée par l’implication de la société civile qui multiplie les rencontres et meetings d’explication favorable à la révision constitutionnelle.
Pour sa part, l’’Autorité de régulation de l’audiovisuel (ARAV) a relevé, dans un communiqué, que «toutes les déclarations ou propos discriminatoires, violents ou subversifs, sont à bannir que ce soit d’ordre ethnique, linguistique, génétique ou en relation au genre», ajoutant que cette démarche s’inscrit dans l’optique de «conférer à la campagne référendaire un soutien et un encadrement à la hauteur de l’importance de ce rendez-vous».