Le premier jour de la campagne référendaire sur le projet de révision constitutionnelle a mis en première ligne le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Mohamed Charfi, ainsi que le mouvement associatif fortement sollicité à l’occasion de cette consultation, le premier sous le règne de Tebboune, dont l’enjeu principal est de créer un climat favorable pour l’implication populaire.

Les formations politiques qui tentent de renouer avec le terrain peinent à surmonter leur divorce avec les populations et celles qui ont programmé des sorties publiques ont vérifié à leurs dépens la complexité de la tâche. Le président de l’ANIE est intervenu au premier jour de la campagne référendaire en appelant à «une large participation», considérée comme condition sine qua none de succès du processus de révision constitutionnelle qui connaîtra son ultime étape le 1er novembre prochain à travers le référendum populaire.
M. Charfi a soutenu, par la même occasion, que la mission de l’ANIE se limite au côté organisationnel du processus dans ses différentes phases, ajoutant qu’elle «n’est pas concernée par la mission de promouvoir politiquement le projet de révision constitutionnelle». Le président de l’ANIE soutient, cependant, que cette campagne référendaire pourrait constituer une «opportunité pour la société civile pour apporter un nouveau souffle (…) et une fraîcheur à la classe politique».
M. Charfi met, par ailleurs, en garde contre les risques «d’intrusion de l’argent» dans le sillage de ce rendez-vous, relevant à ce propos que «la moralisation de la vie politique et le combat contre l’argent sale constituent les objectifs du chef de l’Etat».
M. Charfi a déclaré sur les ondes de la Radio nationale que «l’édification de l’Algérie nouvelle ne saurait être réalisée qu’à travers l’implication de toutes les franges de la société dont l’opposition, sans franchir les limites autorisées, à savoir les constantes nationales qui représentent les fondements de la cohésion nationale mais aussi sans attenter aux mœurs ni à l’ordre public».
S’agissant de la société civile et de son rôle dans ce processus, M. Charfi a affirmé qu’elle est le «principal catalyseur du changement à travers son interaction avec les affaires publiques et sa participation au changement et au redressement», ajoutant qu’il lui «est accordé tous les moyens nécessaires pour qu’elle organise ses rangs et ne soit pas victime du financement étranger tendancieux».
Pour sa part, le conseiller auprès du président de la République chargé du mouvement associatif et de la communauté nationale à l’étranger, Nazih Beramdane, a présidé, à Tissemsilt, une rencontre avec les représentants d’associations locales durant laquelle il a exhorté l’ensemble du mouvement associatif à approuver le projet de révision constitutionnelle et faire «la promotion des changements positifs qu’il a apportés». Chez les partis politiques, le Front de libération nationale (FLN) a organisé à Koléa (Tipasa) un meeting populaire animé par son secrétaire général, qui a appelé les présents à approuver le projet de révision constitutionnelle soumis à référendum. Pour sa part, la présidente de TAJ, Fatma Zohra Zerouati, fraîchement élue à la tête du parti géré par un intérimaire depuis l’incarcération de son chef Amar Ghoul, s’est rendue à Chlef où elle a rencontré les citoyens dans le cadre de la campagne référendaire sur le projet d’amendement de la Constitution au niveau du Centre culturel islamique. n