A une semaine du coup d’envoi officiel de la campagne électorale sur le projet de révision constitutionnelle, dont la consultation référendaire est prévue le 1er novembre prochain, le rendez-vous semble avoir rendu audible la parole partisane, aussi bien celle favorable au contenu de la future loi fondamentale que celle opposée au projet.
Nous assistons, en effet, à une profusion d’avis partisans au moment où le mouvement associatif s’est mis, lui aussi, de la partie alors que la question du taux de participation demeurera pendante jusqu’au jour J.
A priori, cette échéance est loin d’avoir fait bouger les lignes d’un champ politique national en perte de repères, tandis que des partis sans histoires tentent de tirer leur épingle du jeu à l’occasion de cette consultation référendaire. Il y a manifestement les partis de l’ancienne alliance présidentielle, notamment le FLN, le RND, Taj, qui se sont, d’ores et déjà, placés en ordre de bataille pour approuver la mouture de la révision constitutionnelle élaborée par le comité Laraba. «Notre parti soutient le projet de révision de la Constitution car il permet d’amorcer un saut qualitatif en faveur de la naissance de la Nouvelle République où règnent la justice, la loi, la répartition équitable des richesses du pays comme en rêvaient les initiateurs de la Déclaration du 1er Novembre», a affirmé le premier responsable du FLN.
Ce dernier a exhorté, dans cette perspective, les élus de sa formation politique à l’impératif de «mener une large campagne de mobilisation» sur l’ensemble du territoire national afin de «sensibiliser les citoyens quant à l’importance de cette révision constitutionnelle et les inciter à participer massivement au rendez-vous référendaire». Même son de cloche chez le RND, qui a fait part de son adhésion au projet, estimant que la révision constitutionnelle «amorce l’édification de la nouvelle Algérie», ajoutant que le parti «poursuivra son combat et contribuera, à travers ses militants et experts, à l’élargissement de l’action démocratique».
Au registre des opposants à ce projet émargent l’ensemble des formations politiques du courant démocratique qui se sont regroupées au sein du Pacte pour l’alternative démocratique (PAD) dont le point de convergence est de réclamer «un processus constituant». Les forces du PAD disent réaffirmer «leur position de principe de rejet de cette démarche dont le but principal est le sauvetage d’un système rejeté par les Algériens qui n’ont cessé de réclamer son départ par millions plus d’une année durant».
Pour le même conglomérat de partis de la mouvance démocratique, la Constitution «ne peut être légitime que si elle est l’émanation du peuple qui débat et choisit librement de son contenu et de la forme des institutions qu’il souhaite mettre en place pour satisfaire toutes ses aspirations dans le domaine politique, économique, social, culturel…». Dans le même registre des opposants, c’est le MSP qui s’est invité en décidant de participer à ce rendez-vous, mais en votant «non» à la mouture adoptée par le Parlement en l’absence de députés du parti qui ont boycotté la séance. Le parti islamiste a annoncé samedi qu’il appellera ses militants à voter «Non» lors du référendum sur la révision de la Constitution, une décision prise lors du conseil consultatif tenu en session extraordinaire pour trancher la question. Il restera cependant à suivre quelle sera la position et l’action commune des partis qui ont scellé récemment une alliance au nom des «forces nationales de la réforme» et qui semblent adhérer à la démarche officielle, si l’on se fie aux déclarations d’Abdelkader Bengrina, qui chapeaute l’initiative, ainsi qu’à Tahar Benbaibèche et Abdelaziz Belaid… <