Par NAZIM Brahimi
La campagne électorale pour le scrutin local du 27 novembre boucle, aujourd’hui, sa deuxième semaine. Elle a vu les prétendants donner plus d’intensité à leurs sorties publiques, tout en tentant de compenser le peu d’engouement populaire par un travail de sensibilisation sur les réseaux sociaux.
Si les réseaux sociaux étaient exploités lors de précédentes échéances comme un appui au travail de proximité et un contact avec les populations, ces élections locales anticipées semblent se distinguer par la place centrale qu’occupe la Toile dans la sensibilisation des partis politiques.
La preuve est que certaines formations en lice sont très présentes sur les réseaux sociaux alors qu’elles brillent par leur absence sur le terrain. «Nous sommes tenus de faire avec une réalité, le citoyen ne vient pas aux activités politiques classiques, telles que les meetings, conférences-débats. Nous sommes dès lors contraints de garder le contact avec le citoyen à travers les plateformes virtuelles», explique un responsable politique.
A l’évidence, si les formations politiques très habituées à ce genre de scrutin maintiennent la pratique traditionnelle, qui consiste à prévoir des sorties publiques et des meetings populaires dans les centres urbains, ce n’est pas le cas pour les autres partis ainsi que le promoteur de listes indépendantes. «Je ne vous cache pas que nous ne pouvons pas nous permettre des salles, dont la location coûte très cher. C’est la raison pour laquelle nous sommes tenus de compter plus sur les réseaux sociaux, en misant sur nos jeunes militants issus des universités», ajoute un responsable du Front el Moustakbel, dont le parti prend part aux élections locales pour la première fois. D’ailleurs, des chefs de formations politiques ont mis en avant, à l’occasion de cette campagne, la nécessité de bénéficier des aides de la part de l’Etat, exhibant les difficultés qu’elles rencontrent pour pouvoir mener leurs activités de campagne. «Les dépenses dédiées à cette campagne sont issues des propres moyens du parti, relevant le besoin des jeunes au soutien financier, à l’image de celui accordé aux jeunes des listes indépendantes. «Les partis ont refusé ce point lors du débat de la loi organique relative au régime électoral», a indiqué un membre de Fajr El Jadid. Pour le même responsable, «les moyens financiers de certains partis politiques et listes indépendantes ne leur permettent pas d’animer une campagne électorale à la hauteur, comparativement aux grands partis, dont les ressources sont issues des cotisations des leurs nombreux militants», ajoutant que le parti a consacré un montant révisable de plus de 20 millions de centimes pour chaque candidat, un montant symbolique au vu des activités de proximité organisées par les candidats». Il s’agit, pour lui, de «permettre aux jeunes militants de moins de 30 ans au sein des partis de bénéficier des aides financières offertes par l’Etat, pour qu’ils puissent continuer de militer au sein de leurs partis et de bénéficier d’espaces publicitaires publics auprès des entreprises d’édition ainsi que les différents moyens de transports».