La justification peut être aberrante. Mais Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football (CAF), a annoncé hier que la CAN-2023, censée se tenir du 23 juin au 23 juillet dans un premier temps, se jouera en janvier 2024. Un report qui trouve explication en les conditions climatiques dans l’Afrique de l’Ouest en cette période.

C’est à partir du Maroc, où se tient la CAN-2022 dames (02 – 23 juillett), que Motsepe a fait cette annonce. Encore une fois, la CAN se déroulera au milieu de la saison alors que la CAF avait décidé dernièrement de revenir à l’édition estivale comme ce fut le cas en Egypte en 2019 avec le sacre de l’Algérie.

Plus de temps pour l’hôte mais peu de garanties

En tout cas, du côté de la CAF, on évoque des conditions climatiques particulièrement difficiles pendant cette période dans le pays d’Afrique de l’Ouest. En témoignent les pluies torrentielles que la Côte d’Ivoire a connues récemment. Ces données climatiques auraient dissuadé la CAF de prendre le risque de faire tenir la messe continentale l’été prochain.
Ainsi, les sélections devront se regrouper au milieu de la saison comme ce fut le cas lors de la séquence 2021 au Cameroun en janvier dernier. Cet intervalle n’arrange pas vraiment les participants sachant la réticence des clubs européens à libérer les joueurs africains. D’ailleurs, il est important de rappeler les difficultés rencontrées par les équipes nationales à réunir leurs éléments au même moment. Les vedettes comme Salah, Mané ou Mahrez ont rejoint leurs compatriotes tardivement.
Ce contretemps n’est pas fait pour arranger la réputation du tournoi continental. En hiver dernier, il était même question d’annuler l’épreuve après la demande osée des clubs européens prétextant la situation pandémique préoccupante liée à la Coronavirus. Requête à laquelle la CAF n’a heureusement pas donné suite.

Le Maroc aux aguets

Cette démarche de report prônée par la CAF accentue les doutes sur l’opus 2023. D’autant plus que des bruits de couloir évoquent un forcing des Marocains pour récupérer l’organisation de l’épreuve phare du foot africain. Le fait d’acter ce glissement du calendrier à Rabat ne peut qu’étayer cette hypothèse. Au niveau infrastructurel, la Côte d’Ivoire dispose désormais de plus de temps pour avancer dans les chantiers et les préparatifs. D’autant plus qu’au moment de l’attribution, il s’agit d’organiser la version à 16 et non 24 prétendants.
Mais rien ne garantit que le pays soit prêt à l’approche de la date définitive pour le début du challenge. Les Marocains seront certainement aux aguets pour obtenir l’organisation. Cela leur évitera de se retrouver avec l’Algérie à lutter pour être hôte de l’édition 2025 sachant que la Guinée sera grandement dépossédée du statut de pays organisateur. La défaite dans ce genre de dossier dépasse le cadre purement sportif.
C’est pour cela qu’il n’est pas exclu que les voisins fassent tout pour court-circuiter les autres pays et récupérer la CAN-2023. L’Algérie, qui va avoir un parc des stades flambant neuf, aura ses atouts lors des prochaines candidatures d’organisation. L’idée d’accueillir le rendez-vous footballistique de 2025 a déjà germé.