Si on doit bien reconnaître à José Mourinho quelque chose, c’est qu’il n’est pas adepte de la langue de bois. Eliminé en huitième de finale de la Ligue des champions avec Tottenham par Leipzig, le technicien suit la fin de la compétition avec un regard extérieur d’analyste du jeu. Et comme il l’avait prouvé lors de ses piges de consultant avec Sky Sports, il a un certain talent pour délivrer des formules percutantes et argumentées. Sur DAZN, il n’a donc pas hésité à donner son point de vue sur le parcours du PSG qui défiera le Bayern Munich pour décrocher la C1 dimanche.
Alors qu’il lui était demandé si une éventuelle défaite en finale du club de la capitale serait un échec, Mourinho a repris la question en la détournant comme il sait si bien le faire. « C’est un échec qu’ils ne l’aient pas gagnée les deux saisons précédentes, parce que l’investissement depuis cinq ou six ans est fou, la liste des joueurs qui s’y trouvent est incroyable », a-t-il estimé. Si la pique pourrait en agacer, difficile de contredire le « Special One » sur ce point. La « remontada » du Barça en 2017 ou l’effondrement contre Manchester United en 2019, à chaque fois en huitième de finale, ont été des camouflets terribles pour un PSG déjà bien outillé pour aller au bout.

« Ce sont des joueurs d’un autre monde »
« Depuis combien de saisons Thiago Silva est là, Marquinhos est là, et puis tous les grands, Ibra (Zlatan Ibrahimovic), (Edinson) Cavani, Neymar, (Kylian) Mbappé ? Bien sûr, c’est leur rêve, et pour la première fois ils arrivent dans ce genre de situation. C’est le genre de match où ces gars-là s’épanouissent normalement. Même si je pense qu’en tant qu’équipe, ils ne sont pas dans un autre monde, ce sont des joueurs d’un autre monde », a ajouté Mourinho, encensant le talent individuel de l’effectif parisien.
Mais s’il aime distribuer les taquets, le Portugais ne pousse pas la critique jusqu’à enfoncer le PSG dans la perspective de la finale, bien au contraire. Pour lui, le Bayern ne pourra pas faire l’économie d’une analyse des atouts parisiens, quitte à s’adapter à son adversaire. « Je dirais que le Bayern, en dépit d’être vraiment très fort en tant qu’équipe avec des joueurs spéciaux, doit penser que Paris peut les blesser. Il doit commencer la préparation de ce match, non pas en se disant juste : ‘on peut leur faire du mal’, mais ‘comment peuvent-ils nous faire du mal ?’ » A défaut de surprendre Mourinho, le PSG serait donc bien inspiré de surprendre les Bavarois. Et d’exploiter, pourquoi pas, les largesses défensives entrevues contre l’Olympique Lyonnais. n