Entre la Bibliothèque d’Alexandrie et Nadir Benmatti, c’est une ancienne histoire d’amour. Au détour d’un pan de l’histoire, l’auteur découvrira la bibliothèque de la ville qui porte le nom de son édificateur, Alexandre le Grand, même si le Macédonien ne l’a jamais connue.

«La bibliothèque d’Alexandrie» est une reprise, si l’on peut se permettre cette digression. Benmatti a déjà écrit un livre éponyme en 2015. Cette fois, il récidive en rajoutant au titre original «simplement et en images». Il a voulu donner au lecteur un ouvrage simplifié avec des croquis de son compère Jaques Graindorge. A travers la balade  que nous offre Nadir Benmatti, nous reprenons notre bâton de pèlerin pour aller enquiquiner l’histoire de la Méditerranée, l’histoire de l’écriture, l’histoire d’Alexandre le Grand, l’histoire des rois algiques, l’histoire du phare d’Alexandrie, l’histoire de la bibliothèque mythique qui a hanté bon nombre de scribes, partagés entre l’histoire de la bibliothèque et les histoires induites par la bibliothèque.
Ainsi, Aristote, Ptolémée à plusieurs chiffres, Démétrios, Théodose, Caracalla, Euclide et bien d’autres noms s’égrèneront sur les pages du «roman» historique de l’ex-ministre de l’Habitat dans les années 1980. «L’ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit», une citation d’Aristote bien mise en évidence par l’auteur ouvre les débats historiques de la bibliothèque la plus célèbre du monde, bien qu’elle n’existe plus et bien que son acte de naissance se situe à trois siècles avant notre ère. Ayant compulsé des dizaines d’ouvrages, l’auteur partagera son livre en trois parties distinctes : le contexte historique, grandeur et décadence, et disparition et pérennité.  A travers ces trois volets, les informations coulent de sources et les nombreux personnages historiques défileront sans relâche pour penser à la bibliothèque, l’édifier, la doter d’écrits en papyrus puis en parchemins, et enfin la brûler, la détruire, par une sorte de nuit de cristal au VIIe siècle de notre ère. Les vérités historiques s’entrechoqueront avec des fictions authentiques, pour aboutir à magnifier une construction du savoir, pour le savoir, une construction qui permettra de localiser Alexandrie, après que son phare ait permis de la voir. De loin. Benmatti, et suivant les pages de son ouvrage, se défendra «d’instruire», mais seulement «d’éveiller», lui, qui est tombé par un bel après-midi en 2004 dans les dédales des contes et des légendes de «sa» bibliothèque, après avoir visité celle qui a supplanté son aînesse depuis 2002, la nouvelle bibliothèque d’Alexandrie, «Bibliotheca Alexandrina». Depuis, il reprendra les mythes et les apologues de la bibliothèque ancestrale pour en faire un condensé de savoirs et de préceptes. «La Bibliothèque d’Alexandrie, simplement et en images» aura eu le mérite de nous éclairer, tel son phare antique, sur des périodes d’érudition et de guerre, et de nous informer, telle la bibliothèque de l’ancienne Egypte, sur les allégories et les métaphores de l’histoire de la mare nostrum, berceau du savoir, des religions et de toute l’humanité.