Le festival du film de Berlin a décidé cette année d’ajouter à son palmarès un Prix du meilleur documentaire, insistant sur l’importance de ce genre cinématographique dans un contexte politique mondial bouleversé.

Ainsi, son jury a décerné hier dimanche le prix du meilleur documentaire, une nouveauté de cette 67e édition, à une expérience cinématographique en forme de thérapie collective sur le traumatisme d’anciens prisonniers palestiniens. «Istiyad Ashbah» («Ghost Hunting»), second long-métrage du cinéaste palestinien Raed Andoni, reconstitue dans un hangar de Ramallah un centre d’interrogatoire israélien. A travers des jeux de rôle, d’anciens détenus vont revivre leur détention y compris les mauvais traitements. «Je travaille avec des personnes qui vivent dans un lieu vraiment très sombre et que vous honorez grâce à toute cette lumière», a déclaré le cinéaste en recevant son prix. L’un des participants au film de Raed Andoni a été de nouveau emprisonné par les autorités israéliennes après le tournage, a confié le réalisateur palestinien pendant le festival.

Un autre, trop bouleversé par cette expérience de reconstitution qui pousse le réalisme jusqu’au choix de la couleur du carrelage ou l’installation d’une poulie pour suspendre les participants dans la salle d’interrogatoire, avait préféré abandonner le tournage. «J’ai utilisé tous les dispositifs que j’ai trouvé pour les aider à creuser dans leur subconscient, pour retirer couche après couche les filtres du refoulement et je leur ai dit que si c’était trop dur ils étaient libres de partir (…) J’ai aussi fait venir des psychologues sur le plateau pour encadrer ce projet», a-t-il expliqué après la première de son film à la Berlinale. Le réalisateur de 45 ans a lui-même été incarcéré dans une célèbre prison israélienne souterraine située à Jérusalem, appelé par les Palestiniens « lMoskobyia».

 

Le palmarès de la 67e Berlinale

Ours d’or du meilleur film: «Testrol es lelekrol» (On Body and Soul) d’Ildiko Enyedi, Hongrie
Grand prix du jury, Ours d’argent: «Félicité» d’Alain Gomis, France/Sénégal/Belgique/Allemagne/Liban

Ours d’argent du meilleur réalisateur: Aki Kaurismäki pour «Toivon tuolla puolen» (L’autre côté de l’espoir) Finlande/Allemagne**

Ours d’argent de la meilleure actrice: Kim Min-hee pour Bamui haebyun-eoseo honja» (On the Beach at Night Alone) de Hong Sang-soo, Corée du Sud

Ours d’argent du meilleur acteur: l’Autrichien Georg Friedrich pour Helle Nächte» (Bright Nights) de Thomas Arslan, Allemagne/Norvège

Ours d’argent du meilleur acteur: l’Autrichien Georg Friedrich pour Helle Nächte» (Bright Nights) de Thomas Arslan, Allemagne/Norvège

Ours d’argent de la meilleure contribution artistique: «Ana, mon amour», de Calin Peter Netzer, Rou lOurs d’argent du meilleur acteur: l’Autrichien Georg Friedrich pour Helle Nächte»
(Bright Nights) de Thomas Arslan, Allemagne/Norvège manie/Allemagne/France

Ours d’argent du meilleur scénario: «Una mujer fantastica» (A Fantastic Woman) de Sebastian Lelio, Chili/Etats-Unis/Allemagne/Espagne

Prix Alfred Bauer, en mémoire du fondateur du festival pour un film qui ouvre de nouvelles perspectives : «Pokot» (Spoor), d’Agnieszka Holland, Pologne/Allemagne/République tchèque Suisse/Suède/Slovaquie

Prix du meilleur documentaire (nouveauté 2017) : «Istiyad Ashbah» (Ghost Hunting) de Raed Andoni, Palestine

Prix du Meilleur premier film: «Estiu 1993» (Summer 1993) de Carla Simon, Espagne

Ours d’or du meilleur court métrage: «Cidade Pequena» (Small town) de Diogo Costa Amarante, Portugal

Ours d’argent du court métrage : «Ensueño en la Pradera» (Reverie in the Meadow) d’Esteban Arrangoiz Julien, Mexique