Le ministre de l’Agriculture annonce une production nationale de céréales considérée comme record.

Plus de 60 millions de quintaux durant la campagne 2017-2018, un taux jamais atteint jusque-là. Mais au-delà de ce triomphalisme légitime, il y a bien la réalité du terrain. La production nationale des céréales reste toujours faible parce que n’arrivant pas à soulager une facture d’importation particulièrement récalcitrante. Il faudrait rappeler que la facture des céréales pour le premier semestre de l’année en semoule et farine, s’est élevée à plus de 36% des importations alimentaires. Un taux important et donc inquiétant notamment en ces temps de difficultés financières. Certes l’autosuffisance en légumineuses en voie d’être réalisée est indéniablement un élément encourageant. Mais des insuffisances persistent mettant en péril tous les efforts consentis pour trouver un équilibre salvateur. C’est le cas très particulier de la production nationale de blé tendre, une production loin d’être encourageante. Les huit millions de quintaux récoltés de blé tendre restent particulièrement maigres en rapport avec les besoins du pays. L’Algérie restera fragile au travers de sa dépendance des importations de blé tendre tant que cette tendance perdure. D’autant plus que le blé tendre reste primordial dans la consommation des Algériens. Des efforts sont consentis pour arriver à une autosuffisance au travers de l’Office algérien interprofessionnel des céréales qui annonce que la semence est produite localement. Mais la route paraît encore longue, et semée d’embûches. Les tenants du marché international des céréales voient déjà mal ce grand consommateur qu’est l’Algérie ne plus s’approvisionner chez eux. Et feront tout pour l’empêcher de prendre son « indépendance ». Mais à l’évidence c’est une question de volonté politique et de bonne gouvernance. Il faudrait déjà changer le modèle alimentaire algérien, rationaliser la consommation et combattre le gaspillage. La « guerre du blé » doit être absolument gagnée si le pays veut sortir d’une dépendance alimentaire dangereuse. L’Algérie en possède les moyens.