Selon le chef de l’Etat, pour parvenir à l’équilibre de la balance des paiements, il est prévu en particulier de réduire de 800 millions à 1 milliard de dollars la facture importation
de médicaments et de ramener celle d’importations de blé à 400-500 millions de dollars. Celui relatif aux exportations hors hydrocarbures est revu à la baisse, 4 milliards
de dollars au lieu de 5 milliards de dollars en 2021.

Par Khaled Remouche
Le Président de la République est optimiste quant à l’évolution à court terme de la situation financière du pays. En effet, le chef de l’Etat a affirmé, dimanche dernier, que «l’Algérie parviendra, pendant l’année en cours, ou au plus tard l’année prochaine, à un équilibre de la balance des paiements grâce à la politique de maîtrise des importations et de l’encouragement des exportations hors-hydrocarbures, a-t-il indiqué lors d’une rencontre dimanche avec la presse nationale.
Dans ses réponses à deux médias, le Président Tebboune a indiqué précisément que l’Algérie a réussi, en 2020, à réduire les importations de 10 milliards de dollars par rapport à 2019, en dépit de la pandémie grâce à la production, à la maîtrise de la surfacturation et à l’application d’un contrôle plus sérieux de certains services. «Nous avons réalisé tout ça sans créer de déficit ou de pénurie», a-t-il ajouté. Le premier magistrat du pays a cité, en effet, un travail courant 2021 en vue d’épargner 800 millions de dollars à 1 milliard de dollars dans les importations de médicaments grâce à l’industrie pharmaceutique locale, ainsi que 500 millions de dollars qui seront épargnés dans les importations de blé qui ne dépasseront pas 400 ou 500 millions de dollars. Il a rappelé l’objectif d’exportation de 400 millions de dollars de médicaments en 2021. «Si nous parvenons à 4 milliards de dollars d’exportations hors-hydrocarbures, nous en serons heureux, car pendant les 25 dernières années, nous ne dépassons pas 2 milliards de dollars. Et si nous nous lançons dans l’industrie de transformation, à l’image du projet de développement des gisements de minerai de fer de Ghara Djebilet, nous pourrons facilement dépasser ce chiffre ». La question est de savoir à quel prix sera obtenu cet équilibre de la balance des paiements en 2022 ? Il convient de noter, à la suite d’experts économiques nationaux, que les 10 milliards de dollars de réduction d’importations ont été réalisés à la suite de restrictions aux importations qui ont entraîné en particulier l’arrêt d’activité de deux filières, l’automobile et l’électroménager-électronique avec comme dégât, la perte de 50 000 emplois. L’impact négatif des mesures prises par l’ex-ministre de l’Industrie n’est pas évalué. Il est sûr qu’elles ont conduit à un manque à gagner important. Alors qu’on aurait pu, sans arrêter ces filières, conduire intelligemment et progressivement les opérateurs qui jouent le jeu et qui sont plusieurs vers ce taux d’intégration de 30 à 40% entre 2021 et 2023. Le tissu de sous-traitants serait beaucoup plus important si on n’avait pas opéré de pause dans l’octroi des autorisations et des agréments dans ces deux filières. Il ne faut pas oublier que ces 10 milliards de dollars de réduction des importations ont été réalisés également à la faveur de l’arrêt de réalisation des projets, le lancement reporté de projets neufs en raison de la double crise, économique et sanitaire.
La véritable question est de pouvoir réaliser cet équilibre de la balance des paiements à travers des solutions pérennes et non des «calmants» pour surmonter la crise, telles que la mobilisation de nouvelles ressources financières hors budget de l’Etat : IDE, amélioration significative du climat des affaires, identification des capacités d’études et d’ingénierie et leur regroupement et leur renforcement, en particulier, grâce au partenariat avec les sociétés étrangères de renom, le renforcement urgent des capacités nationales de transport maritime. Deux solutions destinées à réduire la facture d’importations de services estimée à 10 milliards de dollars et qui est l’une des sources de déséquilibre de la balance des paiements. Voici un rappel de quelques pistes déjà suggérées, pouvant s’insérer dans un programme plus large, orienté vers l’amélioration véritable et durable de la situation financière du pays. n

Baisse des importations de plus de 7 % en janvier et février
Les importations de l’Algérie ont enregistré en janvier et février 2021 une baisse de 7,86%, a indiqué, lundi la Direction générale des Douanes (DGD). Durant les deux premiers mois de l’année 2021, les importations de l’Algérie ont atteint 5,65 milliards USD contre 6,13 milliards USD durant la même période en 2019, selon un communiqué des Douanes algériennes. En contrepartie, la valeur des exportations s’est élevée pour la même période à 4,32 milliards USD. Concernant les principaux fournisseurs de l’Algérie durant cette période, la même source cite la Chine à hauteur de 18,33% des importations globales, suivie de la France (9,72%), l’Allemagne (6,89%), l’Italie (6,25%) et l’Espagne (5,70 %). Pour les pays auxquels ont été destinées ces exportations, les mêmes données font ressortir l’Italie en tête à hauteur de 17,45%, suivie de la France (15,48%), la Turquie (15,25%), l’Espagne (8,58%) et la Hollande (5,47%).