A l’instar de l’ensemble des institutions chargées de suivre l’évolution de l’économie mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) vient de réviser ses prévisions de croissance pour l’Afrique pour 2020 et 2021.
Sous l’impact du coronavirus, ces prévisions ont changé depuis celles faites par la BAD en janvier dernier, dans le numéro de «Perspectives économiques en Afrique 2020», indique l’institution financière continentale, dans un supplément consacré au même numéro, après avoir été imposé par la situation économique de ces derniers mois.
Il faudrait s’attendre à un coup dur pour le PIB en 2020, prévient-elle, précisant que celui-ci devrait réellement se contracter de «1,7 % en 2020, soit une baisse de 5,6 points de pourcentage par rapport aux projections de janvier 2020 qui précédaient l’apparition de la Covid–19, en supposant que l’impact de la pandémie sera substantiel, mais de courte durée».
La situation risque même d’être pire si la pandémie continue à sévir au-delà du premier semestre de l’année en cours, poursuit la banque dans son supplément lancé hier. En effet, «si la pandémie se poursuit au-delà du premier semestre de 2020, la contraction du PIB en 2020 sera beaucoup plus marquée, de l’ordre de 3,4 %, soit une baisse de 7,3 points de pourcentage par rapport à la croissance projetée avant la pandémie de la Covid–19», prévoit-elle.
Une situation qui a de fortes chances de se produire, puisque les 6 premiers mois de l’année se sont déjà achevés et le virus continue à avancer dans de nombreux pays, poussant l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à mettre en garde contre une pandémie dont le rythme offensif «s’accélère», a-t-elle souligné.
Ainsi, le supplément apporte des révisions aux prévisions de croissance et aux perspectives pour l’Afrique pour les années 2020 et 2021 et met en lumière l’impact de la Covid-19 sur la situation socio-économique du continent. Il émet aussi des recommandations en matière politique pour relancer, en toute sécurité, les économies et accélérer leur croissance, souligne la BAD. Ce supplément est le premier depuis la toute première édition annuelle de l’ouvrage publiée il y a 19 ans. n