Le festival annuel d’Ahellil de Gourara a été officiellement lancé avant-hier soir dans la ville de Timimoun. En présence des autorités locales et une délégation du HCA, la 12e édition est dédiée cette année à Moulay Slimane, dit Moulay Timi, compagnon de Mouloud Mammeri.

Avec la participation de plusieurs troupes folkloriques venues de toutes les régions d’Adrar, l’édition se veut  «un hommage à celui qui a permis à Mouloud Mammeri de mener à bien sa mission de recueil des chants amazighs d’Ahellil». «C’est grâce à Dda L’Mouloud que ce chant est aujourd’hui inscrit patrimoine immatériel de l’humanité», souligne Abderrahim Moulay, fils du défunt Timi, racontant que les deux hommes se sont connus au début des années 1970 et ont travaillé durant plusieurs années sur ce patrimoine. «Oui, ils ont eu des difficultés avec les autorités locales de l’époque», se remémore Abderrahim, considérant que les deux hommes, unis par l’amour de leur culture, ont su dépasser tous les obstacles. Les festivités, selon Djoli Ahmed, commissaire du Festival, prendront fin aujourd’hui et le fait de le dédier à Moulay Timi «est une reconnaissance à tout ce qu’il a fait, aux côtés de Mouloud Mammeri, pour notre culture». Il a souligné que plusieurs conférences sur les chants d’Ahellil ou plus précisément «Azelwan» sont prévues. Lors d’un témoignage sur le compagnon de Mammeri, Djoli Ahmed s’est rappelé lorsque le défunt Moulay travaillait comme factotum au CEM de la ville de Timimoun. «Il a mis sur pied avec le directeur de l’établissement, Chahine, originaire de Tlemcen, un musée de la ville», a-t-il raconté, précisant que Moulay était dès les années 1960 porté sur la culture et le patrimoine locaux. «Au début de 1971, Mammeri a été conseillé de voir avec Moulay, car il était le seul qui pouvait l’aider à réaliser son travail sur  Ahellil de Gourara», a-t-il ajouté, indiquant que les deux hommes ont travaillé sept ans et demi durant, avec des va-et-vient incessants entre Alger et Timimoun pour recueillir les chants, les traduire et les analyser. Il a rappelé également que la 11e édition a été dédiée au défunt Mouloud Mammeri, grâce auquel, souligne Tahar Abou, enseignant à l’université Ahmed-Draya d’Adrar, dans un ouvrage collectif édité à l’occasion. «Ce patrimoine est aujourd’hui un bien commun à tous les Algériens et à toute l’humanité». Djoli Ahmed a aussi évoqué les travaux réalisés par Rachid Bellil, élève de Mammeri sur  Ahellil.n