Au moment où le gouvernement tente de gagner la confiance des syndicats autonomes avec la rencontre tenue, hier, au siège du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, les partenaires sociaux, eux, semblent plutôt insatisfaits.

Preuve en est, le plan de protestation tracé à partir du 28 janvier est maintenu. Certes, les deux parties ont jeté les bases d’une voie directe de dialogue, avec l’installation de l’inspecteur général du département de Mohamed El Ghazi comme coordinateur pour le maintien du contact, mais il n’en demeure pas moins que la confiance se gagne avec des actes sur le terrain. Et sur ce plan, on est loin de se convaincre les uns les autres. Déjà que le ministre de tutelle a déclaré à l’adresse des syndicats qu’il fallait « oublier le passé et regarder plutôt vers l’avenir ». Histoire de leur faire comprendre que le dossier de la réforme de la retraite est quasiment clos et le chantier qui s’approche est celui du code du travail auquel il compte associer les partenaires sociaux. Ces derniers, pourtant, ne l’entendent pas de cette oreille, puisqu’ils affirment qu’« il n’est pas question de parler de futur sans prendre en charge le passé ».
Donc voilà déjà un début conflictuel de relation gouvernement-syndicats. Désormais, avec la publication de la loi portant réforme de la retraite au Journal officiel, l’écart semble s’élargir davantage. Ce qui n’arrange pas ce nouveau pont de dialogue instauré entre les deux protagonistes. En effet, au moment où l’Intersyndicale maintient son mot d’ordre de protestation, le gouvernement, lui, passe à autre chose. Dans l’épineux dossier de la retraite, on parle désormais de la liste des métiers pénibles. « La commission ministérielle ad hoc se réunira ce matin au niveau du siège de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) à l’effet d’élaborer une liste préliminaire », avons-nous appris de sources syndicales.

 

Métiers pénibles, l’autre casse-tête !
Mais, d’ores et déjà, le risque de voir cette fameuse liste créer une nouvelle polémique et déclencher un nouveau bras de fer, n’est pas à écarter. Il y aura d’abord le mécontentement des travailleurs des métiers qui seront exclus et puis de ceux qui n’auront pas à satisfaire les conditions qui seront fixées par des textes réglementaires.
Car, il faut savoir que même étant travailleur dans un secteur classé pénible, il n’est pas automatique de bénéficier de la pension de retraite avant l’âge de 60 ans à volonté.
La loi 16-15 du 31 décembre 2016 modifiant et complétant la loi 83-12 du 2 juillet 1983 relative à la retraite, publiée dernièrement au Journal officiel, est, on ne peut plus claire sur ce point.
L’article 7 modifié de la loi indique que « le (la) travailleur (se) occupant un poste de travail présentant une haute pénibilité peut bénéficier de la pension de retraite avant l’âge prévu à l’article 6 ci-dessus (article qui fixe l’âge de départ à 60 ans, ndlr), après une durée minimale passée à ce poste ». Le même article ajoute que «la liste des postes de travail et les âges correspondants ainsi que la durée minimale passée dans ces postes sont fixés par voie réglementaire». Comprendre que des conditions encore plus contraignantes seront exigées pour tout départ à la retraite anticipée. Ce qui réduirait davantage le nombre de postulants même au cas où la liste des métiers serait des plus larges. Le législateur semble avoir bien réfléchi à tous les scénarios.