L’Opéra d’Alger Boualem-Bessaih a organisé, avant-hier, dans la continuité de son programme artistique et culturel, un concert sous l’intitulé « l’Orchestre fait son cinéma » animé par l’orchestre symphonique de l’opéra d’Alger, sous la direction musicale du maestro Amine Kouider en hommage aux grands hommes de la musique de films algériens.

C’est sur l’air du film culte « la Bataille d’Alger », du réalisateur italien Gillo Pontecorvo, sorti en 1966, et dont la musique a été réalisée par Ennio Morricone, qu’a débuté avant-hier la soirée thématique intitulée « l’Orchestre fait son cinéma » animée par l’orchestre symphonique de l’opéra d’Alger sous la direction du maestro Amine Kouider à l’Opéra d’Alger.
Peu avant son entrée sur scène, le maestro Amine Kouider nous a confié qu’avec l’Orchestre symphonique de l’Opéra d’Alger «nous allons interpréter les musiques de films très connus. Nous avons en outre voulu varier entre films algériens, films du monde arabe et films internationaux. L’orchestre est dans la fosse, il jouera et interprétera de la musique en accompagnant les vidéos d’extraits de chaque film. Cette fusion entre musique et cinéma est quelque chose de formidable ». Il ajoutera : «Nous avons également pensé à faire un tel concert même pour les dessins animés, mais c’est très difficile car leurs musiques sont très particulières.»
Amir Nebbache, critique et spécialiste du cinéma, qui a animé cette soirée avec professionnalisme, a accompagné chaque partition en donnant toutes les informations concernant chaque film afin de se remémorer les musiques des films qui ont fasciné, comme une sorte d’hommage à ces génies qui ont réussi à stimuler les émotions et à faire rêver les spectateurs à travers les temps.
Ainsi, les mélomanes présents ont replongé dans les mélodies poignantes du fameux feuilleton «El Hariq» de Mustapha Badie qui a fait parler de lui. Cette adaptation, du grand roman de Mohamed Dib, paru en 1952, racontant l’histoire d’une famille algérienne durant la colonisation, est sublimée par la musique du pionnier de l’information en Algérie, l’homme de la radio et grand journaliste, Lamine Bechichi. La partition sera suivie par celle de l’épopée de «Cheikh Bouamama» signé par Ben Amar Bakhti, en 1983, et dont la musique a été réalisée par l’auteur de «Min Adjlika Ya Watani», l’artiste Cherif Kortbi. La salle à également traversé le temps en revivant un instant l’émotion générée par le talent d’un artiste qui sort du commun et qui a donné une âme musicale à la majorité des films algériens, Ahmed Malek.
L’orchestre symphonique lui a rendu hommage à travers trois de ses grandes réalisations, à savoir «Omar Guetlatou» de Merzak Allouache, «Leïla et les autres» de Sid-Ali Mazif, et «les Vacances de l’inspecteur Tahar» de Moussa Haddad.
La partie orientale a été présentée par le film «El Rissala» de Mustapha El Akkad, dont la musique a été conçue par le Français Maurice Jarre, et la musique du feuilleton égyptien «Raefat El Hegane», de Yahia El Al Allimi, a été réalisée par Amar Echariai.
Le concert s’est clôturé avec des sonorités mondiales de cinq films américains qui ont eu un grand succès au niveau international, notamment en Algérie. « Indiana Jones», un film d’action et d’aventure réalisé par Steven Spielberg, musique de John Williams, « Mission impossible » de Christopher McQuarrie, dont la musique a été réalisée par le compositeur Danny Elfman, «Le Parrain », réalisé par Francis Ford Coppola, et musique du compositeur et chef d’orchestre italien Nino Rota, «Gladiateur », film américano-britannique de
Ridley Scott, musique de Hans Zimmer et Lisa Gerrard, et pour le final «Pirate des Caraïbes» de Gore Verbinski, dont la musique a été composée par le génie de Hollywood, Hans Zimmer.
Lors de cette soirée, Amine Kouider a tenu à remercier le nombreux public pour sa passion et son amour de l’opéra. «Par ce thème, nous avons voulu rendre hommage aux compositeurs algériens qui ont su écouter les images et dessiner le portrait des images à travers des sonorités, des rythmes, des modes et en plus de cela des émotions diverses, qui racontent un certain temps et qui sont toujours présents», confiera-t-il sur scène.
Ajoutant que «l’opéra est une musique qui accompagne une image et le cinéma est une image qui bouge. L’opéra est l’ancêtre du cinéma car dans cette dernière, il y a une action, une dramaturgie qui est portée par la musique et qui continue à travers le cinéma».