Un vent d’inquiétude souffle sur les marchés pétroliers, confrontés à la versatilité des producteurs non-Opep qui n’ont pas entièrement tenu leurs promesse et engagement de réduire l’offre mondiale du brut et contribuer à la maîtrise du marché.

Depuis le 10 décembre 2016, date à laquelle les pays Opep et non-Opep se sont entendus dans l’objectif de fermer les vannes pour parvenir à des prix bénéfiques pour tous, c’est-à-dire autour des 60 dollars le baril au moins à la hausse, c’est le degré d’implication de chacun des deux blocs à empêcher que les prix ne baissent à nouveau qui semble poser problème. Au risque d’un grand déséquilibre ! Si le ministre de l’Energie, Noureddine Bouterfa parle d’un respect de 90% » des quotas de production imposés aux membres de l’Opep dans le cadre de l’Accord d’Alger sur la réduction de l’offre, les non-Opep peinent à dépasser les 50%, selon les dires du ministre qatari du Pétrole, Mohamed Saleh al-Sada, président en exercice de l’Opep. Le capital « confiance » gagné par les pays membres de l’Opep, qui ont affiché une unité que très peu parmi analystes et observateurs du marché avaient jugée acquise, risque de s’éroder et d’ouvrir la voie à un recul du cours de l’or noir, ce qui mettrait à mal les économies des pays qui dépendent des revenus pétroliers pour leur développement. On n’en est pas là encore, à lire le commentaire du secrétaire général de l’Opep, Mohammed Barkindo, qui veut continuer à croire que la coopération entre l’Opep et ses partenaires ne souffrirait aucune ambiguïté ni aucun déficit de confiance. Il reste encore de la marge pour la diplomatie de rappeler à certains pays signataires de l’accord de réduction pourquoi ils l’avaient fait et pourquoi il est important de le respecter jusqu’au bout. La question devrait s’inviter lors de la prochaine réunion du comité d’évaluation, que président l’Algérie et le Qatar, qui devrait se tenir en mai prochain, à moins qu’une nouvelle date ne soit convenue au vu des indications qui parviennent des pays partenaires, à leur tête, la Russie. Il est certain qu’une nouvelle bataille va s’engager et qui nécessitera plus que jamais que les pays membres de l’Opep se serrent les coudes, quitte à augmenter les niveaux de réduction afin de « forcer » un rééquilibrage du marché. Un scénario déjà évoqué par les experts il y a à peine une semaine.