Le ministre koweïtien du Pétrole, Essam al-Marzouk, en sa qualité de président de la commission chargée de surveiller l’accord de l’Opep sur la réduction de pétrole, s’est réjoui hier que les pays membres de l’organisation ont respecté à 92% l’accord de réduction de la production conclu avec des producteurs non membres, qui, eux, l’ont respecté à hauteur de 50%.

Selon lui, le respect de l’accord par ces pays non-Opep se fera de « manière graduelle » et sera plus importante en avril et mai prochains, ce dernier mois ayant été retenu pour la tenue d’une nouvelle réunion d’évaluation, avant celle de juin durant laquelle il s’agira de décider de prolonger la réduction ou de la suspendre. « Nous espérons un respect total de l’accord », a-t-il poursuivi. Une réduction que confirme justement le rapport mensuel de l’Opep publié hier selon lequel l’offre pétrolière mondiale a fortement diminué en janvier justement à l’issue de la mise en œuvre des accords de limitation de la production. Le mois dernier, la production de pétrole s’est élevée à 95,8 millions de barils par jour (mbj), soit une baisse de 1,3 mbj par rapport à décembre et de 0,46 mbj sur un an, a détaillé l’Organisation des pays exportateurs de pétrole dans son rapport mensuel. A elle seule, l’Opep a pompé 890 000 barils par jour de moins à 32,14 mbj en moyenne. En revanche, la menace du schiste plane encore, puisque la remontée des prix devrait stimuler l’extraction d’or noir dans d’autres pays non liés par ces accords, comme les Etats-Unis. « Les ajustements de production de l’Opep et certains producteurs non-Opep ont soutenu le marché, mais ces gains ont été en partie absorbés par une recrudescence de l’activité de forage aux Etats-Unis », a indiqué l’Opep. Selon le rapport, la production américaine de pétrole de schiste devrait croître de 100 000 barils par jour à 4,35 mbj. Au total, la production des pays non-Opep devrait augmenter de 0,24 mbj à 57,44 mbj cette année, après une contraction de 0,66 mbj à 57,20 mbj en 2016, toutefois moins importante que prévu précédemment par le cartel pétrolier. Quant à la consommation mondiale de pétrole, elle devrait croître de 1,32 mbj à 94,62 mbj en 2016 puis de 1,19 mbj à 95,81 mbj en 2017, soutenue par une économie mondiale plus dynamique, un hiver froid, les ventes de véhicules en Europe et le secteur pétrochimique, a estimé l’Opep qui a légèrement relevé ses prévisions. Plus tôt, c’était le rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui relevait que la production mondiale de pétrole a chuté de près de 1,5 million de barils par jour (mbj) en janvier par rapport au mois précédent, à 96,4 mbj. Mais elle aussi, elle avertit :
« Cette dynamique pourrait être contrecarrée par la hausse de production significative anticipée dans les pays qui ne sont liés par aucun accord, encouragée notamment par le regain des prix. A eux seuls, le Brésil, le Canada et les Etats-Unis devraient pomper 750 000 bj de plus, portant à 400.000 bj la croissance nette attendue sur l’ensemble de l’année dans les pays non-Opep », écrit l’AIE. Dans les places financières, les prix du pétrole baissaient légèrement hier en cours d’échanges européens, dans un marché marqué par l’optimisme quant aux baisses effectives de production de l’Opep. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril valait 56,40 dollars en fin de matinée hier sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 30 cents par rapport à la clôture de vendredi.
Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « Light Sweet Crude » (WTI) pour le contrat de mars perdait 29 cents à 53,57 dollars.