La coordination des syndicats autonomes de la Fonction publique, appelée également Intersyndicale, maintient son appel à la « journée de grève » pour ce 4 avril, ont indiqué hier à Reporters ses membres.

Les syndicats concernés par ce nouveau débrayage, à savoir ceux de l’éducation, la santé et l’administration, pourront compter sur le soutien du Syndicat national des techniciens de la maintenance des avions (SNTMA) qui s’apprête à s’impliquer en observant un sit-in à travers lequel il manifestera son adhésion à l’Intersyndicale et l’adoption de sa plateforme de revendications principales, avons-nous appris auprès de secrétaire général du SNTMA, Ahmed Boutoumi. Ce dernier précisera cependant que l’action de soutien de son syndicat à celle de l’Intersyndicale n’ira pas jusqu’à l’implication dans la grève du 4 avril.
En effet, lors de sa participation à la dernière réunion de la même Intersyndicale, tenue en mars au siège de l’Unpef, le SNTMA a décidé « d’observer le 4 avril des sit-in régionaux de protestation, tel que programmé par l’Intersyndicale, sans adhérer toutefois à l’action de la grève qui sera observée le même jour », précise M. Boutoumi. Le rejet de l’option grève est une décision prise pour «éviter les retombées économiques néfastes qui peuvent toucher l’entreprise », justifie-t-il.
Ce sont donc 479 adhérents au SNTMA par les 700 techniciens de la corporation des techniciens de la maintenance chez Air Algérie qui sont appelés à rejoindre les sit-in régionaux de ce mercredi, explique notre interlocuteur, ajoutant que ces sit-in auront lieu à Laghouat pour le sud du pays, Annaba pour l’est du pays, Oran pour l’ouest et Bouira pour le centre. En attendant cette nouvelle action du SNTMA, son secrétaire général dénonce une nouvelle fois la «la suppression de la retraite proportionnelle et l’entrave des libertés syndicales ». Il rejette aussi l’avant-projet de loi sur le travail et exige «l’ouverture d’un dialogue avec la tutelle ».
Pour rappel, le dernier mouvement de protestation du SNTMA a eu lieu en janvier à travers un rassemblement devant l’Inspection générale du travail à Alger. « Cette protestation n’est qu’une première étape », avait prévenu ce syndicat qui avait alors saisi cette inspection pour faire appliquer la loi concernant le recrutement et l’application des clauses de la convention collective, particulièrement celles relatives à la classification professionnelle, à la grille de salaire et aux primes.
« La convention collective signée en 1999 a été contournée progressivement, deux ans seulement après son application », affirme M. Boutoumi. «Cette convention classe les techniciens de maintenance et de mécanique au deuxième rang après les pilotes, mais dans la réalité, nous occupons les derniers rangs », rappelle le syndicaliste, qui regrette que le salaire de base des hôtesses et des stewards « dépasse de quatre fois » celui des techniciens de maintenance.

Le Satef réitère son appui
Le conseil de wilaya du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation professionnelle (Satef) de Béjaïa a décidé de rejoindre la grève du 4 avril 2018 et le rassemblement régional de Bouira.
C’est la décision qui a été prise à l’issue de la réunion ordinaire du Satef de Béjaïa, tenue jeudi dernier au CEM Sidi-Ahmed, où ses membres ont eu à évaluer et analyser la situation qui prévaut sur la scène politique, économique, éducative et syndicale.
Dans la déclaration sanctionnant les travaux de son conseil de wilaya, le syndicat autonome tient à souligner que sa réunion «intervient dans un moment très critique caractérisé par la résistance des mouvements de protestation dans les différents secteurs, éducation, santé, université, communaux… ».
«Devant l’offensive du gouvernement dans sa politique antisociale et impopulaire, dictée par des forces du mal oligarchiques et compradores, et marquée notamment par des mesures coercitives, de la bastonnade et la répression policière, l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire, l’intimidation et le musellement des libertés syndicales et démocratiques à l’encontre des travailleurs en lutte, le conseil de wilaya du Satef de Béjaïa réaffirme et conforte les positions du conseil national tenu les 15, 16 et 17 mars 2018 à Blida et condamne vigoureusement toutes ces mesures réservées aux luttes des travailleurs pour faire aboutir leurs revendications légitimes», lit-on dans ladite déclaration, dont nous détenons copie. Cela étant, le Satef de Béjaïa veut s’inscrire pleinement dans le combat de l’Intersyndicale de la Fonction publique. Un combat pour «les libertés syndicales, le pouvoir d’achat, la loi sur la retraite et le Code du travail», note-t-il.
Abordant la grève qui affecte le secteur de l’éducation nationale, le Satef de Béjaïa considère que «seules des négociations responsables et sérieuses telles que revendiquées par l’Intersyndicale de l’Education peuvent dénouer le conflit». Des négociations «sérieuses» autour de «la promulgation du statut particulier modifié, complété et corrigé», des «manquements et les insuffisances relevées avec l’intégration des corps communs et ouvriers professionnels avec l’octroi de toutes les primes afférentes au secteur», de «la généralisation de l’enseignement de tamazight et l’ouverture de postes budgétaires», de l’abrogation de «la circulaire n°12-01 portant la gestion des œuvres sociales par la suppression de la commission nationale, c’est-à-dire la décentralisation de sa gestion et que les syndicats seront un organe de contrôle et non de gestion»…
Par ailleurs, le conseil de wilaya du Satef de Béjaïa appelle à la tenue des états généraux sur la redéfinition de la relation du triangle pédagogique, programmes-apprenants-travailleurs de l’Education. Estimant que la situation du secteur de l’éducation dans la wilaya de Béjaïa est «intenable», le Satef interpelle le directeur de l’éducation de Béjaïa afin d’«assainir toutes les situations administratives et financières des travailleurs de l’Education». Enfin, les syndicalistes du Satef de Béjaïa plaident pour «la généralisation de l’enseignement de tamazight et l’ouverture de postes budgétaires et mettre fin à la circulaire n°12-01 portant la gestion des œuvres sociales par la suppression de la commission nationale, c’est-à-dire la décentralisation de sa gestion».