C’est l’un des joueurs algériens qui ne font pas dans la langue de bois. Dans un entretien accordé à Foot Mercato, Sofiane Feghouli est revenu sur l’élimination de l’Algérie de la course à la Coupe du Monde 2018 ainsi que la désormais fameuse affaire des critères de sélection des binationaux établis par le Bureau Fédéral.

Au passage, l’ancien sociétaire de West Ham (Angleterre) n’a pas manqué de montrer qu’il n’a pas apprécié cette mesure avertissant sur les conséquences qu’elle pourrait avoir.

En premier lieu, il y a cet échec qu’on ne peut cacher. Les Fennecs ne seront pas de la partie lors du Mondial russe l’été prochain. Pour le milieu offensif de l’EN, « il y a beaucoup de choses qui font que l’équipe d’Algérie ne s’est pas qualifiée pour le Mondial. Sportivement, il y a eu des joueurs qui n’étaient pas au niveau. Il y a aussi eu beaucoup de changements d’entraîneurs (trois entraîneurs ont été nommés en moins d’un an suite au départ de Christian Gourcuff, ndlr). Ce sont plein de petites choses qui ont fait qu’aujourd’hui on ne méritait pas. À un moment donné, on a manqué d’humilité et de caractère. Il faut savoir se remettre en question. Il y a eu des échecs par le passé. Il y en aura encore. Il faut se reconstruire là-dessus et aller de l’avant » estime-t-il. Une analyse on ne peut plus véritable pour celui qui n’hésite pas à évoquer le rendement de certains qui a été décevants durant cette campagne de qualification. Quelques-uns de ses compatriotes étaient vraiment loin du niveau qu’ils affichent en club.
Selon le pensionnaire de Galatasaray en Turquie, « dans l’histoire de l’équipe nationale d’Algérie lorsqu’elle a fait des grands matches, qu’elle a remporté de grandes victoires ou qu’elle a fait de bons tournois, c’est quand elle a joué avec le cœur et la rage. Comme vous l’avez dit, il faut revenir aux fondamentaux. Il faut revenir à un jeu simple, direct et se battre. C’est comme ça qu’on caractérise le joueur algérien. C’est un battant et c’est quelqu’un qui n’a pas peur. Il faut revenir aux fondamentaux et surtout avoir de l’humilité, c’est comme ça que l’Algérie se relèvera» a-t-il préconisé. Pour avoir fait partie du onze d’El-Khedra ayant donné du fil à retordre à l’Allemagne lors des huitièmes de finale de la CDM 2014 au Brésil, ‘’Soso’’ (son surnom) sait certainement de quoi il parle.
A cette époque, les binationaux faisaient les beaux jours du foot Dz. Personne ne remettait leur « algérianité » en question. Jusqu’à ce que les résultats aient commencé à ne pas suivre. Ça avait commencé avec l’élimination sans gloire lors de la CAN 2017 au Gabon dès le premier tour. En ne réussissant pas à s’assurer une place pour le tournoi universel, la crise s’est définitivement installée. Les bêtises aussi avec une certaine forme de ségrégation sportive.

« On n’a jamais fait la différence »
Toute honte bue, le Bureau Fédéral de la Fédération algérienne de football (FAF), qui s’était réuni le 30 novembre dernier au Centre technique national (CTN) de Sidi Moussa, avait décidé que « deux critères seront pris en considération pour convoquer un joueur algérien établi à l’étranger dans l’une des sélections nationales : son engagement inconditionnel en faveur de l’Algérie et sa supériorité technique par rapport aux joueurs exerçant en Algérie.» Une mesure qui n’a pas manqué de provoquer de vives réactions et indignations.
Feghouli était l’un des premiers internationaux à réagir et à montrer son mécontentement quant à ce critère. Le natif de Paris est revenu sur cet épisode.
«J’ai suivi comme tout le monde. J’étais surpris de voir ça. Sincèrement, au début j’ai cru que c’était une blague. Ensuite, je me suis dit qu’il fallait discuter avec les personnes et dialoguer parce que c’est important d’avoir une explication car il y a beaucoup de gens qui n’ont pas compris. Ça a choqué plein de personnes », s’est-il rappelé.
Celui qui compte 44 sélections avec l’Algérie a conseillé de « discuter avec les gens qui sont en place, à eux de s’exprimer notamment dans les médias pour se faire entendre car ça peut créer un malaise avec les joueurs binationaux et diviser.
Depuis que je suis en équipe nationale, je n’ai jamais eu aucun problème avec qui que ce soit. Vous pouvez demander à Rafik Halliche, Essaïd Belkalem ou Islam Slimani. On n’a jamais fait de différences. Après, on peut avoir des affinités les uns avec les autres, on n’a jamais fait de différences entre le joueur local ou binational. Il faut faire attention car ça peut vite déraper ces décisions. Il faut bien expliquer pour apaiser la situation car il y a beaucoup de personnes déçues de cela.»