Selon la Banque mondiale, l’Algérie émerge comme un champion de l’énergie durable. D’après un rapport qu’elle vient de publier et qui s’intitule « Les indicateurs réglementaires pour une énergie renouvelable », notre pays a réussi à s’imposer au sein des pays en développement comme un des leaders en matière d’énergie durable.

Qu’en penser ? La première réaction est celle de la surprise: on sait qu’en Algérie la ressource énergétique renouvelable est abondante, le solaire en particulier, mais on sait aussi qu’elle reste encore timidement exploitée. Après réflexion, on se rend compte que le classement établi par la BM n’est pas faux quand on mesure l’effort d’investissement consenti dans ce domaine par les pouvoirs publics, notamment dans les régions sahariennes. A bien le lire, il y a dedans une nuance qui explique en partie le sentiment de surprise évoqué ci-dessus et qui montre que, si effort il y a eu en Algérie pour l’encouragement du renouvelable et pour aller vers davantage d’efficacité énergétique, le grand chantier à réaliser reste celui qui consiste à connecter nos réalisations dans le solaire par exemple – la référence majeure dans le renouvelable chez nous ! – au système électrique national.
La grande victoire dans ce domaine est que les Algériens puissent diversifier leur consommation et réserver une part importante à la ressource non fossile ! Ce n’est ni pour aujourd’hui ni pour demain, mais les perspectives sont prometteuses. Le programme national des énergies renouvelables prévoit, en effet, l’installation d’une puissance de 47-51 TWh d’ici 2030, dont plus de 9 TWh d’ici 2020. La phase initiale de ce programme a déjà été lancée et, depuis la fin de 2016, l’Algérie a une capacité de 343 MW répartis sur 14 wilayas, rappelle-t-on. Récemment, le ministre de l’Energie, qui a expliqué dans une déclaration à Oxford Business Group que les « vingt prochaines années seront une ère de véritable développement pour l’énergie durable », a précisé que 16 usines d’une capacité de 195 MW sont déjà fonctionnelles et fournissent de l’énergie renouvelable au réseau, et six autres le seront prochainement.
Sur le terrain, donc, il y a un développement à grande échelle des installations d’énergie renouvelable. Elles permettent d’aborder le moyen et le long terme avec optimisme, lequel est accru par le fait que le discours officiel sur le dossier semble être porteur d’une volonté plus affichée pour s’éloigner progressivement du fossile et des centrales à gaz, qui ont été depuis des années le modèle d’exploitation et de production dominant dans notre pays. Au ministère de l’Energie, doit-on ajouter, il y a eu récemment la nomination plutôt motivante de Tewfik Hasni, un convaincu du renouvelable et qui s’occupe aujourd’hui du dossier de la transition énergétique. Inévitable, celle-là.