« Attristé par le décès du ministre du Commerce et membre du conseil national du Rassemblement national démocratique (RND), Bakhti Belaib, M. Ahmed Ouyahia, en son nom propre et ceux des membres du bureau, des cadres et des militants du parti, présente ses sincères condoléances à la famille du défunt et à l’ensemble des militants du RND.

Il prie Dieu miséricordieux de l’accueillir au sein de son Paradis et la force de surmonter sa perte à nous autres ».
C’est ce qu’on a pu lire dans un communiqué publié par la direction du parti que feu Bakhti Belaib a rejoint assez tôt même s’il n’a pas fait partie des figures fondatrices qu’il a cependant côtoyées et prêté main forte en tant que républicain convaincu qui n’a pas hésité à donner le meilleur de ses compétences de haut commis de l’Etat pour faire barrage à la menace islamiste et œuvrer à la pérennité de l’Etat. Avec le RND, M. Belaib a cependant eu des relations tumultueuses, notamment durant la période de dissidence que le parti a connue durant le printemps 2012. Il était de ceux qui ont soutenu l’ancien ministre de la Santé et sénateur, Yahia Guidoum, à devenir coordonnateur du mouvement de redressement pour « provoquer la destitution de l’équipe actuelle et laisser la place à la jeunesse». L’opération s’est traduite par le retrait de M. Ouyahia qui a cédé sa place à l’homme du consensus du moment, Abdelkader Bensalah, président du Sénat, avant son retour à la tête du parti en juin 2015.
La même année, Bakhti Belaib signait la préface du livre à charge de Nasreddine Akkache sur Ahmed Ouyahia : «Les coulisses d’une décennie algérienne (Témoignage d’un commis de l’Etat ; Editons Non lieu, Paris). Dans ce texte, le ministre disparu achevait par écrit ce qu’il avait commencé en action politique contre l’actuel directeur de cabinet du président de la République.
«J’ai particulièrement apprécié dans l’analyse de cette période (la décennie noire ndlr), la force et la justesse des arguments qui ont admirablement permis à l’auteur de mettre en évidence la duplicité, la fausse sincérité ainsi que la prétention démesurée, sans le nommer, d’un responsable qui n’a cessé de croire à son destin national », écrivait-il en signe d’adhésion total au réquisitoire de M. Akkache, cadre à la chefferie du gouvernement, à la retraite avant l’âge en 2000 est parti cette année-là au Qatar.
«Ce personnage, inconnu jusque-là, s’était fait connaître à l’opinion publique quelques jours auparavant en s’autoproclamant, dit-on, porte-parole et conseiller à la présidence de la République, lors des pourparlers avec Ali Belhadj et Abassi Madani, qui s’étaient déroulés à la prison militaire de Blida», écrit M. Akkache. Son livre relate une partie du parcours politique de M. Ouyahia : son «premier règne» entre 1995 et 1997 ; son «Deuxième règne» entre 1997 et 1998 entrecoupé de retour en arrière sur des séquences, plus anciennes, notamment celle qui avait suivi les événements d’octobre 1988 jusqu’en 1991.
Qu’aurait dit aujourd’hui M. Belaib sur cette préface ? La question restera sans doute sans réponse, couverte par l’hommage officiel que lui a rendu également hier l’ex porte-parole du RND et néanmoins figure proche de M. Ouyahia. Hier, Seddik Chihab a déclaré que le parti a perdu un « militant engagé ». Le député d’Alger et membre de la direction nationale du RND a ajouté : « On s’incline devant la disparition de notre frère et ami Bekhti Bélaib (…) Au RND, nous avons perdu un ami, un frère, un militant engagé et un cadre intègre et compétent ».