En annonçant que l’Algérie risque de ne pas avoir de gaz à exporter d’ici trois ans si la demande domestique continue d’évoluer en l’état, le ministre de l’Energie voulait certes user du langage de vérité.

Sauf que c’est un véritable aveu d’échec d’une politique énergétique censée avoir fait les prospectives qui s’imposaient lorsqu’il était possible d’anticiper. Annoncer aujourd’hui cette perspective aux Algériens, alors que plus de 90% des recettes en devises du pays sont toujours tributaires des exportations n’est pas pour rassurer. L’on a tendance à entendre de plus en plus ce type d’annonce qui paraîssait encore loin il y a seulement quelques années. Aujourd’hui, il s’agit de l’accepter et de faire en sorte de s’adapter aux nouvelles réalités qui s’annoncent. Les mauvaises langues diront que cette annonce de mauvais augure du ministre est destinée à alarmer afin de rendre inéluctable l’exploitation du gaz de schiste. Et faire passer la pilule à l’opinion particulièrement sceptique sur cette énergie dont on vante l’abondance, mais qui fait toujours polémique sur ses conséquences écologiques. Dans tous les cas de figure, les capacités du pays en énergie conventionnelle semblent bel et bien arrivées en zones critiques. L’annoncer aujourd’hui de façon brutale ne changera rien à la donne. En cette heure de vérité, la grande question demeure quelle en est l’alternative. La demande énergétique exponentielle du marché domestique est quelque chose de tout à fait normal pour un pays en développement. C’est même le cas de tous les pays du monde en évolution constante. Tant sur le plan de la population que de l’économie. L’Algérie, avec ses capacités naturelles, géographique et humaine, a toujours les moyens d’être un monstre énergétique si seulement une véritable politique en ce sens est entamée. L’énergie alternative et renouvelable est devenue depuis longtemps inévitable. Une option que le gouvernement devrait entreprendre comme une véritable politique stratégique et non pas en simple activité sectorielle.