Il a suffi d’un premier véritable test pour voir l’équipe nationale version « Rabah Madjer » perdre. Hier, les « Verts » n’ont pas pu faire grand-chose face à un mondialiste, l’Iran en l’occurrence, en s’inclinant sur le score de 2 buts à 1 (2-0 mi-temps) à Graz (Autriche).

Plus que le score, c’est le rendement de l’EN qui est inquiétant. Un désert tactique, surtout en première période, et des choix des plus inexplicables contre les gendres des « Perses » qui n’avaient, au final, rien d’un foudre de guerre.
Le driver des « Fennecs » ne pourra plus vanter l’invincibilité de ses troupes. Pourtant, après la victoire (4 buts à 1), enregistrée jeudi dernier, contre la Tanzanie, le successeur de Lucas Alcaraz s’est montré rassuré par le score. Quant au contenu, il n’avait pas montré de réelles certitudes. D’autant plus que son 3-4-2-1 n’avait pas trop marché. Madjer s’était donc contenté de se réjouir du fait que « la sélection conserve son invincibilité après trois matchs et c’est une bonne chose aussi, car cela devrait la mettre plus en confiance.» Un constat qu’il ne pourra plus faire parce que les Iraniens ont brisé cette série hier. Une première mi-temps soporifique où « El-Khadra » n’a pas montré grand-chose. Seul Riyad Mahrez a eu quelques coups d’éclats techniques qui n’ont pas vraiment apporté le danger dans le camp adverse. Et pour cause, la seule occasion notable côté algérien était ce face à face raté par Hilal Soudani (18’). L’attaquant du Dinamo Zagreb, idéalement servi dans la profondeur par Baghdad Bounedjah, a manqué l’égalisation. L’adversaire avait ouvert la marque sept minutes plus tôt par l’intermédiaire de Sardar Azmoun sur une tête précise sous le regard médusé de la défense Dz.
Le ratage de Soudani a été sanctionné dans la foulée puisque la « Team melli » a fait le break une minute après. Hajsafi trouve la faille dans l’axe de la défense pour mettre sur orbite Taremi. Ce dernier dribble Chaouchi pour conclure tranquillement devant une cage vide.

Hanni fait les frais, Benmoussa décisif
Voyant que le « Club Algérie » était passé tout près du 3 à 0 à la 31e minute si ce n’était pas l’intervention de Chaouchi, le staff technique décide de « réagir ». Non pas en faisant des ajustements tactiques mais en procédant à un changement dès la 32eminute. Sofiane Hanni a été rappelé sur le banc cédant sa place à… Benmoussa. Frustrant pour l’ancien sociétaire du RSC Anderlecht (Belgique). Un attaquant pour un défenseur afin de permettre à Ferhat, qui a débuté comme arrière-droit, de monter d’un cran. Ainsi Mandi a pris le côté droit de la défense pour permettre à Chafaï et Bensebaïni, qui a commencé comme latéral gauche, de jouer dans l’axe alors que le nouveau rentrant a pris sa place à gauche.
Ce changement n’a pas eu un impact instantané. Il a fallu attendre la seconde manche pour voir les  « Guerriers du Sahara » avoir un sursaut d’orgueil. A la 55e minute, Chafaï réduit l’écart en reprenant de a tête un coup franc très bien botté par… Benmoussa. Cette réalisation a motivé les troupes de Madjer. Ce dernier a décidé de substituer Medjani par Slimani (61’) cherchant à revenir dans la partie.

Mahrez, la sortie qui a cassé la réaction
Aussi Mahrez, généreux dans l’effort et pas content de sa sortie, cède sa place à Farid Mellali (67’). Sans le gaucher de Leicester City, l’EN a moins possédé le ballon (47% du temps à la 85e minute de jeu). La dernière cartouche était l’incorporation d’Abid qui a suppléé Bounedjah (82’). Le score ne changera pas lors des dix dernières minutes avec une intensité dans le jeu qui a baissé. Et ce, malgré le fait que les deux coachs aient injecté du sang neuf. Après avoir été battue par la Tunisie vendredi, l’Iran, invaincue lors des éliminatoires de la Coupe du monde (6 victoires et 4 nuls en 10 matchs), regagne de nouveau.
Quant aux camarades de Boukhenchouch, plus en vue et mieux inspiré hier (il fait le noter), ils reviennent le moral dans les chaussettes au pays.
Les enseignements ? On ne sait pas s’ils seront tirés.