L’informel, une bataille perdue ? C’est ce qu’on est en droit de nous poser comme question après la publication du bilan du défaut de facturation par les opérateurs : près de 60 milliards de dinars de chiffre d’affaires non déclarés et une manne colossale qui échappe ainsi au Trésor public ainsi qu’au fisc. Ce chiffre, qui n’est pas si surprenant quand on n’est pas déconnecté du réel des transactions économiques et financières qui sont quotidiennement disputées partout dans les marchés du pays, traduit en revanche le peu de succès qu’ont eu jusqu’ici les différentes opérations et campagnes en faveur de la bancarisation de l’argent qui circule dans les circuits fantômes et échappant à tout contrôle et toute traçabilité, alors que le pays a plus que jamais besoin en ce temps de crise de ressources à reverser dans l’effort de développement qui doit se poursuivre.. 

Que se passe-t-il pour que toutes initiatives destinées à sortir les commerçants et autres de l’activité au noir? On le sait, les Algériens sont depuis des décennies dans la méfiance vis-à-vis de l’administration et dans la fuite de ce qui est «déclaré», pour reprendre une expression d’usage. Difficile alors de les déloger de ce qui est devenu une culture dont le marqueur est la mauvaise estime que ces Algériens portent au fisc. A leurs yeux, les impôts n’ont pas d’autre utilité que d’appauvrir les honnêtes gens et de prendre de l’argent qu’on ne revoit pas ailleurs…
Du coup, on ne s’étonne plus à entendre le ministre du Commerce, Abdelmadjid Tebboune, annoncer lancer une chasse aux faux registres du commerce et généraliser le registre électronique.
Pourquoi pas, sauf que ce projet de mise en place du registre du commerce électronique, prévu aujourd’hui pour la fin du premier trimestre 2017, est vieux de quelque dix ans déjà. Pourquoi ce retard ? Il serait intéressant que l’opinion le sache.