Le sport roi est capricieux. Des plus budgétivores fort logiquement. Pour préparer la participation à un grand tournoi, il faut mettre le paquet. La Fédération algérienne de football (FAF) n’a pas hésité à sortir le carnet de chèques pour mettre les joueurs ainsi que tous les membres de la délégation dans les meilleures conditions qui soient.

Les prévisions estimaient les dépenses globales à près de 40 milliards de centimes pour aller au bout de l’aventure. La campagne ayant tourné court, la somme perdue par l’instance fédérale s’élève à un peu plus de 8 milliards de centimes (80 324 300 DA exactement), dont 5 milliards dépensés rien que dans un avion spécial qui a à peine eu le temps d’atterrir à Franceville pour repartir une semaine plus tard.

L’addition est salée pour une participation pleine d’amertume et de morosité. En ces temps austères, le football dilapide des milliards de centimes pour s’offrir des mascarades et des habits en chiffon. Un costume de favori acheté en friperie pour le prix d’un neuf. Un statut qu’on a voulu, sans cesse, s’offrir en cassant la tirelire sans jamais se creuser les méninges pour trouver d’autres moyens de se l’adjuger. Toujours dans la dépense faramineuse pour essayer de légitimer une ambition démesurée. Payer plus quand c’est possible de faire moins. Juste pour montrer la bonne santé financière, c’est ce que la structure footballistique en Algérie fait. Un avion spécial à cinq milliards de centimes pour rallier le Gabon au moment où la Tunisie s’est contenté du tiers de cette somme (1,5 milliard) pour s’offrir le même luxe. Mieux encore, en emmenant une vingtaine de personnes (journalistes et quelques supporters au prix de 1200 euros/place au lieu de 1500 euros avec escale), la Fédération tunisienne allège l’enveloppe (24000 euros de marge). Les Tunisiens ont donc sorti moins de bakchich et sont restés plus à Franceville puisqu’ils disputeront les quarts de finale samedi prochain contre le Burkina Faso. Un peu plus de 8 milliards de centimes donc pour une petite virée dans la messe africaine. Juste le temps d’être une « guest star » dans la séquence 2017 qui aura coûté les yeux de la tête pour, au final, repartir avec le moral dans les chaussettes. En détaillé, outre ce billet collectif aller-retour expresse à « Bongoland », la facture se résume aux : 2 000 000 DA du stage à Sidi Moussa (2 au 12 janvier), 7 240 000 de la double joute amicale contre la Mauritanie, 6 800 000 DA consacrés à la prise en charge de 15 autres personnes au Gabon en plus des 30 dont s’est occupés la CAF, 11 030 800 DA de frais de mission des joueurs à raison de 200 dollars par jour, 1 253 5000 de frais de mission des membres des différents staffs (19 dollars/jour) ainsi que les 2 000 000 DA représentant des « extra ». À vous de faire le calcul de ce joli pactole. Quand la trésorerie souffre, la tendance est, logiquement, à dépenser utile. L’aisance a fait basculer l’EN dans une folie de grandeur, mais les pieds, ceux de la gestion rationnelle, sont restés en argile. On comprend vite pourquoi le poids de la notoriété soudaine a pesé pour faire vaciller les Verts. Qui sera entraîné dans cette chute ? On a bien peur que ce soit la tête qui souffrira de cette vertigineuse décrépitude.

 

Les dépenses détaillées pour la CAN 2017
Avion spécial :
50 000 000 DA
Stage au Centre technique national (CTN) de Sidi Moussa Algérie :
2 000 000 DA
Les deux matchs amicaux face à la Mauritanie avec prise en charge et organisation de leur stage :
6 800 000 DA
Les 15 personnes à prendre en charge au Gabon, en plus des 30 de la délégation pris en charge par la CAF :
6 800 000 DA
Frais de mission des joueurs pour 22 jours :
11 030 800 a raison de 200 dollars jour
Frais de mission pour les membres des différents staffs pour 12 jours:
1 253 500 a à raison de 19 dollars par jour
Divers :
2 000 000 DA